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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. IV RE LA LIIîERTÉ

ne s’agit pas de former, suivant l’usage, des ouvriers d’uncôté et des savants pour les diriger de l’autre: il faut instruireles gens qui travaillent, voilà tout; il faut donner les clartésde la science à ceux qui possèdent déjà la pratique de l’art :quand on ouvre l’intelligence à celui qui avait déjà une cer-taine habileté, le talent de tirer parti de cette nouvelle res-source lui vienttout naturellement de celle qu’il possédait déjà.

Ma seconde remarque c’est que, s’il faut être praticien pourpouvoir faire à la pratique de bonnes applications de la théo-rie,, il faut également être spéculateur et homme d’affaires.C’est une observation qui a déjà été faite et qu’il ne sera passuperflu de reproduire ici. Songeons, en effet, qu’il s’agitmoins de travailler savamment que de travailler d’une ma-nière utile. Le manufacturier le plus habile, dans telle situa-tion donnée, n’est pas précisément celui qui travaille par lesméthodes les plus perfectionnées, les plus correctes, les plussavantes : c’est, puisqu’enfin il s’agit de produire, celui quifait de ses forces l’usage en résultat le plus productif. A vraidire, il n’y a pas de méthode absolument préférable. La meil-leure, c’est la meilleure dans les circonstances où l’on setrouve placé, et celle-là, c’est le talent de spéculer, de comp-ter qui l’indique. Ce talent, si nécessaire pour former une en-treprise, est également indispensable pour la modifier, pourjuger s’il y a de l’inconvénient ou de l’avantage à y faire l’ap-plication de tel procédé nouveau, de telle nouvelle décou-verte. Il doit présider, en toute chose, à l’introduction desnouveautés. — Passons de l’application à la mise en œuvre.

Il faut du talent de main-d’œuvre dans tous les ordres detravaux; mais il y en a, ce semble, dans la fabrication, plusque dans les travaux d’aucun autre ordre, et les produits del’industrie manufacturière sont en général ceux où se mani-feste le plus le mérite de l’exécution.