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DE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE.
serve longtemps l’énergie de ses facultés; il cherche l’accrois-sement de son bonheur dans un usage toujours plus étenduet plus élevé de ses forces; il emploie à perfectionner des fa-brications utiles ce que l’autre consacre à de faux plaisirs ; ettandis que celui-ci corrompt les masses par son exemple etles appauvrit par ses profusions, celui-là, par son exemple,leur enseigne à ne jamais se faire de besoins factices, tandisque par ses travaux il leur rend chaque jour plus facile la sa-tisfaction des besoins réels.
Voilà comment l’activité, les soins, la propreté, la pru-dence, l’économie, la simplicité des goûts, ajoutent aux pou-voirs de l’industrie manufacturière. Je pourrais, si je voulaisépuiser le catalogue des vertus privées, montrer qu’il n’estpas une de ces vertus qui ne contribue de quelque manièreà lui donner plus de force et de liberté d’action; mais l’éten-due de mon sujet m’impose l’obligation de me restreindre, etje laisse au lecteur le soin de poursuivre ces applications. Jecrois en avoir dit assez d’ailleurs pour lui rendre ce travailfacile. Passons maintenant aux mœurs de relation, et voyonscomment les habitudes de cet ordre agissent sur l’industriedont je m’occupe.
Il serait difficile de dire à combien d’entreprises se sontportés les uns contre les autres les agents de la fabrication.Leur tendance universelle a été longtemps de s’exclure réci-proquement du domaine de l’industrie. Un petit nombre d’in-dividus, dans chaque métier, s’emparait de la chose à faire,et disputait effrontément au reste des hommes le droit des’en occuper. Les masses étaient réduites sans façon au rôlede manœuvre. Ce n’était qu’avec beaucoup de temps, d’ef-forts, de patience et de dépenses que quelques ouvriers ac-quéraient le droit de travailler à leur compte, et de devenir