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de l’industrie manufacturière.
les tricoteurs à l’aiguille n’ont-ils pas lutté contre l’invasiondes métiers à bas? On peut réduire à ces termes la moraleque les artisans, dans leurs rapports mutuels, s’efforçaient demettre en pratique : nul ne pourra faire la chose dont je m’oc-cupe ; nul ne pourra fabriquer un produit nouveau capablede faire négliger le mien; si je n’ai pas seul le droit de toutfaire, personne au moins ne pourra mieux travailler que moi;nul ne suivra de meilleurs procédés; nul n’emploiera desmachines meilleures, etc.
Si telle était la morale des individus, celle de la sociétéétait encore moins conforme à la justice. Quelque entrepre-nant qu’on pût être comme homme privé, il était bien deschoses qu’en cette qualité on n’eût osé se permettre ; maisil n’était rien qu’on ne se crût permis dès qu’on agissait aunom de la société, avec son appui, ou comme dépositaire desa puissance. Les entreprises les plus criantes devenaientsimples dès qu’elles étaient faites en nom collectif. La so-ciété exerçait sur la fabrication la juridiction la plus illimitéeet la plus arbitraire; elle disposait sans scrupule des facultésdes fabricants : elle décidait qui pourrait travailler, quellechose on pourrait faire, quels matériaux on devrait em-ployer, quels procédés il faudrait suivre, quelles formes ondonnerait aux produits, etc. ('). Il ne suffisait pas de fairebien, de faire mieux, il fallait faire suivant les règles. Qui neconnaît ce règlement de 1670, qui prescrivait de saisir et declouer au poteau, avec le nom des auteurs, les marchandisesnon conformes aux règles tracées, et qui, à la seconde réci-dive, voulait que les fabricants y fussent attachés eux-mêmes?Il ne s’agissait pas de consulter le goût des consommateurs,
(') 7. dans Chaptal, t. II, p. 250 à 280, le détail des règlements aux-quels étaient assujétis une multitude de métiers.
ii.
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