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Tome second.
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DE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE. 355

sition des premières idées raisonnables qui aient été mani-festées sur le régime que réclame en général l’industrie. C’estdans cet ordre de travaux qu’on a le plus tôt et le plus vive-ment senti ce qu’ont d’odieux et de tyrannique les gênes im-posées au travail. C’est la aussi qu’on a compris le plus tôtce qu’il y a de sottise et de vanité dans la prétention d’ap-prendre aux travailleurs ce qu’ils ont à faire. Plus cette pré-tention entraînai t des suites fâcheuses, plus elle suscitai t d’em-barras, plus elle occasionait de pertes, et plus naturellementon devait être excité à en examiner les effets. Il y a eu desplaintes-contre le régime réglementaire dès le commence-ment du dix-septième siècle ('). Ce régime, fort aggravé plustard sous l’administration de Colbert, commença alors a de-venir l’objet de réclamations plus vives et plus fréquemmentrenouvelées. On ne tarda pas â sentir tout ce qu’avait de dés-avantage une fabrication soumise à des règles invariables,une fabrication uniforme, sans proportion avec la diversitédes goûts et celle des facultés. Les fabricants, perdant leursdébouchés au dehors par l’impossibilité de varier et de per-fectionner leurs produits, se virent obligés de solliciter chaquejour de nouvelles modifications aux règlements, et l’autorité,égarée dans une voie qui n’était pas la sienne, n’y fut occupée,durant un siècle, qu’à avancer, à reculer, à changer de direc-tion, à contredire ses propres avis, et à donner de perpétuelsdémentis à sa prétendue sagesse. Vers le milieu du siècledernier, la philosophie et l’économie politique commencèrentà lui contester le droit de soumettre le travail à des règle-ments. On nia que ces règles pussent être utiles; on n’eut

(') Aux États de 1G14. Voy. Chaptal, Industrie française , t. It ?p. 523.