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Tome second.
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358 LIVRE Vlll, CH. IV. 1)E la liberté

tention de rester arbitres du prix de la main-d’œuvre : il leurarrivera fréquemment de se concerter pour la fixer, et ilsne toléreront pas que, pour l’élever ou la maintenir a uncertain taux, les ouvriers s’unissent ou se concertent. Il esttel pays où ils joignaient, il n’y a pas longtemps, à cette in-justice celle de s’opposer ’a l’émigration des ouvriers, et où,maîtres de porter leurs talents et leurs capitaux partout oùils croiraient pouvoir en faire un meilleur emploi, ils exi-geaient impérieusement que les ouvriers demeurassent atta-chés à la glèbe de l’industrie nationale (’). Les ouvriers, deleur côté, ne mettent pas toujours plus de justice dans leursprétentions. Il est encore assez dans leurs habitudes, a l’heureoù j’écris ceci, d’empêcher que les maîtres n’introduisent desmachines propres à économiser l’ouvrage, de s’opposer àce qu’ils prennent des ouvriers partout où ils en pourraienttrouver, d’entraîner de vive force dans leurs coalitions ceuxde leurs camarades qui voudraient demeurer neutres. On estforcé d’avouer que ni la morale des maîtres par rapport auxouvriers, ni celle des ouvriers par rapport aux maîtres, nicelle des uns et des autres à l’égard de la société, ne sontencore bien exemptes d’injustice.

D’une autre part, la société est loin, il nous semble, de serenfermer d’une manière bien exacte, relativement aux tra-vaux de l’industrie manufacturière, dans la limite de ses de-voirs. Il est difficile de ne pas trouver qu’elle s’arroge encore,relativement à ces travaux, plus de pouvoirs qu’il ne lui ap~

(') On peut voir dans l'E nquêle anglaise sur l’état de notre in-dustrie, avec quelle naïveté d lionnétcs chefs de fabrique anglais ve-naient demander qu’on exécutât les lois conlre l’émigration des ou-vriers, et qu’on rendit, s’il le fallait, ces lois plus sévères. Je renvoie lelecteur auxpag. 100,101, 171, 172, 199, 201, etc. Cette législation adepuis été changée.