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Tome second.
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DE L’ilNDUSïKIE AGRICOLE.

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effet assez de temps avant qu’il sache si sa spéculation estbonne, avant que son champ soit en plein rapport ; et s’il s’a-perçoit alors que ce genre de culture lui est peu profitable,il hésitera encore beaucoup à donner une nouvelle destina-tion à sa terre, puisqu’il ne le pourra qu’en sacrifiant desplantations qui auront été très longues à venir et qui lui au-ront coûté fort cher.

Ainsi la difficulté de bien spéculer, qui est très grande danstoutes les industries, se complique encore ici de difficultésparticulières, qui tiennent à la nature de l’art agricole et àcelle du principal instrument dont il se sert.

Aussi n’est-il peut-être pas d’ordre de travaux où le talentde la spéculation ait moins fait de progrès que dans l’agri-culture. A vrai dire même il n’y a pas en général de spécu-lation dans cette industrie. Il est une multitude de pays où lescultivateurs se livrent de temps immémorial au même genred’opérations, et font venir perpétuellement les mêmes ré-coltes sans examiner le moins du monde s’il n’y aurait pasd’utiles changements a introduire dans le choix des produitsqu’ils créent. Bien plus, ils voudraient varier leurs produits,et se livrer à l’esprit de spéculation, qu’ils ne le pourraientpas avec l’ancien système de culture auquel le sol reste sou-mis, système inflexible où tout est déterminé d’avance, et oùil n’y a place que pour la culture de quelques céréales et l’é-ducation d’un petit nombre de bestiaux. Toute l’habileté descultivateurs consiste à faire ponctuellement ce que faisaientleurs devanciers, et toute leur énergie à tâcher d’obtenir, parles procédés accoutumés, le plus possible d’un petit nombrede denrées agricoles d’autant plus difficiles à débiter que laproduction en est plus chère, qu’elles sont d’ailleurs moinsvariées, et que le déplacement en est plus difficile.

Aussi ne peul-on pas douter que l’état d’avilissement où