1)E L’INDUSTRIE AGRICOLE.
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leur éducation comme citoyens; que le seul effet de cet isole-ment a été de les laisser sans esprit public, sans sympathiescommunes; que lorsqu’ils ont été appelés à exprimer desvœux collectifs, ils ont été loin de se montrer plus avancésque les autres classes de travailleurs; qu’ils paraissent aucontraire avoir toujours été, dans les rapports sociaux commesous tout autre aspect , en arrière de la plupart des profes-sions que l’économie sociale embrasse... Mais, s’il paraît cer-tain que la morale de relation, comme les habitudes privées,comme les connaissances techniques, comme l’esprit de spé-culation et le talent des affaires, est demeurée plus retardéeparmi les agriculteurs que dans les autres classes d’indus-trieux, il est pareillement indubitable que, pour cet ordre detravailleurs comme pour tous, elle est un des moyens de li-berté les plus indispensables.
J’ai dit qu’il n’y avait pour nulle industrie de vraie libertépossible que là où les hommes, dans leurs rapports mutuels,savaient s’abstenir de toute entreprise frauduleuse ou vio-lente contre la personne, la fortune ou les facultés les uns desautres. Celte proposition est vraie pour l’art agricole commepour tous les arts. Qu’ai-je besoin de dire qu’il n’y aurait pasd’agriculture possible là où l’appropriation des terres ne se-rait pas respectée, là où chacun voudrait s’emparer du champqui serait à sa convenance? N’esl-il pas évident que la libertéde cultiver le sol serait matériellement détruite par les vio-lences continuelles auxquelles on serait exposé, qu’elle le se-rait moralement parle découragement qui résulterait de cesviolences, et par l’état de barbarie où l’agriculture tomberait?Il n’est pas douteux que l’on ne perdît à la fois la volonté etla capacité de féconder un champ qu’on n’aurait pas la certi-tude de conserver. L’infaillible moyen de rendre la terre in-culte et de faire du monde une solitude serait de mettre en