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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. V. DE LA. LIBERTÉ

priétaire fastueux, il ne cherche, si l’on veut, que sa satis-faction, mais il calcule mieux ses jouissances; et, tandis quele dernier se ruine pour de faux plaisirs, il sait, en faisantson bonheur, travailler encore a sa fortune. Non-seulementla passion qu’il éprouve imprime une meilleure direction àl’usage de ses forces et de ses ressources, mais elle stimuleson activité, elle éveille son intelligence, elle anime son cou-rage ; elle lui inspire des idées d’ordre, d’économie et de pro-preté : il lui suffit en quelque sorte de ce sentiment pouréprouver tous ceux que l’exercice de son art réclame.

On voit comment les habitudes privées tendent à accroîtreles pouvoirs de l’industrie agricole. Si celte industrie paraîtpeu propre à hâter le progrès de ces habitudes, il est indu-bitable que ces habitudes sont très propres à accélérer ledéveloppement de cette industrie. Il se peut bien que toutesne lui soient pas également nécessaires; qu’elle ne réclamepas précisément les mêmes que tel autre ordre de travaux;qu’elle n’exige pas autant de frugalité que les professionslittéraires, le même genre de courage que le métier de ma-rin, de mineur, de couvreur, etc. Mais si elle ne met pas éga-lement à contribution toutes les vertus privées, ou si elle neles emploie pas toutes de la même manière, il n’en est pro-bablement pas dont elle ne puisse tirer quelque parti, et quine soit de nature à devenir pour elle un élément de puissance.

On peut dire de même qu’il n’est pas de bonne habitudesociale qui n’ait pour effet d’étendre sa liberté. 11 est vraiqu’elle ne paraît pas avoir été plus favorable au développe-ment de ce nouvel ordre de moyens qu’a -celui de tous lesautres; que, bien que l’isolement de ses agents ait pu lespréserver longtemps de la contagion de certaines injustices,il serait difficile de reconnaître qu’il a contribué à avancer