DE L’miljSTlUE AGRICOLE.
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daient aux roturiers de tuer les bêles noires et rousses qui en-traient dans leurs héritages. Ils pouvaient bien les chasseravec des pierres; mais ils devaient soigneusement éviter deleur faire aucun mal : risquer de les tuer eût été commettreun délit grave (* *). Les choses, de nos jours, ont fait à cetégard quelques progrès. Je ne doute point qu’à l’heure qu’ilest, les paysans logés dans le voisinage des forêts ne pussent,sans encourir de punition, tirer sur les loups qui viendraientégorger leurs troupeaux, et même sur les sangliers qui dé-vasteraient leurs récoltes. Cependant ce que nous avons ga-gné sur ce point n’était pas, à une date assez récente, aussiconsidérable qu’on pourrait le supposer : on a vu, en 1817,sept communes rurales de l’arrondissement de Senlis récla-mer vainement la faculté de faire des battues pour repousserl’invasion d’une multitude de sangliers logés dans les forêtsd'Alatte et de Chantilly, et qui venaient commettre dans leurschamps d’horribles dégâts ( 2 ). On sent que la liberté de l’a-griculture se concilierait assez mal avec ce reste de respectpour les bêtes noires et rousses , et en général avec tous lesexcès particuliers que je viens d’énumérer.
Elle ne s’accommode pas mieux de la prétention élevée
0 V. YOrdonn. d'Orléans , art. 157. — La chasse, dans l’anciendroit, était, suivant un naïf et honnête juriste (Ferrière, Dicl.dcdroil ,au mot Chasse ), un plaisir très noble et très utile à la santé , mais quine devait être permis qu’aux rois, aux princes et à quelques autres per-sonnes qui,seules sansdonteavaientledroitdesebien porter.L’ordon-nance de 1661), rédigée d’après ces principes, interdisait la chasse auroturier, de quelque état et qualité qu’il fût, sous peine de 100 francsd’amende pour la première fois, de 200 pour la seconde, du carcan etdu bannissement pour la troisième.
(*) Une pétition, signée des 146 principaux habitants de ces com-munes, présentée à la Chambre des pairs, fut écartée par l’ordre dujour. 11 en fut de même d’une autre pétition du même genre adressée,la même année, à la Chambre des députés.