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LIVRE VIII, Cil. V. DE LA LIBERTÉ
par la généralité des cultivateurs d’exclure les agriculteursétrangers du marché national, et de vendre leurs produits àun prix de monopole. Outre qu’une telle prétention les ex-pose à une multitude de représailles fâcheuses, et ne leurpermet de vendre plus cher leurs produits qu’en les obli-geant à payer plus cher tous les objets de leur consomma-tion, elle a pour effet de ralentir, sous tous les rapports, ledéveloppement de leur activité et de leur intelligence. Cen’est pas sans regret que nous voyons M. de Dombasle prê-ter l’appui de sa haute raison et de son caractère honorablea un ordre de demandes qui semble 'a la fois si peu juste etsi peu éclairé ('). Suivant lui, notre agriculture, arriéréecomme elle l’est, n’a de moyens de se soutenir et d’avancerqu’en écartant la concurrence étrangère et en nous vendantses produits au-dessus de leur vraie valeur. Mais la question,à part même toute idée de justice, est précisément de savoirsi cette pratique est favorable à ses progrès. J’avoue que cettequestion me semble peu approfondie par M. de Dombasle.Cet habile agronome se borne, pour ainsi dire, à poser eufait ce qui est en question, savoir que, dans l’étal où la pro-duction agricole se trouve parmi nous, les prohibitions sontun encouragement indispensable. Mais les agriculteurs seprocurent-ils par les prohibitions un véritable encourage-ment? S’encouragent-ils en s’exposant à des représailles?S’encouragenl-ils en faisant écarter des marchés étrangersceux de leurs produits qu’ils pourraient y vendre avantageu-sement? S’encouragent-ils en autorisant tous les produc-teurs nationaux a former des prétentions pareilles aux leurs
P) F. les Ann. agr. de Roville, t. V, p. 92 A 476. M. de Dombasleest revenu depuis sur les mêmes idées dans des écrits spéciaux, et avecune grande insistance.