Band 
Tome second.
Seite
449
JPEG-Download
 

DE L’iNDUSTRIE AGRICOLE. 449

cultures ou au perfectionnement de certaines races d’ani-maux, et de ne parvenir qu’avec beaucoup d’efforts, et en con-sentant à beaucoup perdre, à me défaire de bestiaux de prixque le département avait tirés du dehors dans la vue de pro-voquer des croisements utiles ? Ainsi il m’est arrivé, dans ledépartement de la Somme, de donner pour 121 francs, aprèsbien des efforts infructueux pour les mieux vendre, des tau-reaux de la race de Scbwitz qui avaient coulé 557 francs, etpour 50 francs, des béliers de Lancashire qui revenaient aplus de 400 francs pièce ; tandis que, sans nulle interventionadministrative, l’agriculture, si les demandes du commercelui en avaient suffisamment fait sentir le besoin, aurait elle-même fait toutes les démarches et tous les frais nécessairespour se procurer de tels animaux. N’a-t-on pas vu maintesfois, en Angleterre, des cultivateurs payer jusqu’à vingt gui-nées pour faire saillir une seule brebis par un bélier de bellerace?

S’il est douteux que l’agriculture soit très efficacementservie par les encouragements artificiels de l’État, à plus forteraison peut-on douter qu’elle tire quelque fruit des restric-tions préventives auxquelles il soumet certaines de ses opé-rations. On en a pu juger par le peu que j’ai dit de ses pres-criptions relativement à l’élève des bestiaux, et notammentdes chevaux. On n’en est pas moins convaincu en examinantl’effet de ses règlements au sujet de la culture et de l’exploi-tation des bois.

Je ne parlerai pas de l’espèce de conscription à laquellenotre législation forestière avait, jusqu’à ces derniers temps,soumis les bois des particuliers, sous le nom de martelage;conscription inique, qui, hors des cas d’un besoin personnelimpérieux et rigoureusement constaté, ne permettait pas à unpropriétaire de disposer, parmi les arbres d’une certaine es-

39

n.