propriétaire de biens fonds et de dîmes. Il n’y a donc rien deplus contraire à la justice, qu’une législation qui, pour servirles intérêts de quelques-uns, porte un dommage réel à lapresque totalité de la société; et, dans ses rapports avec lesdéveloppemens de la richesse et de l’industrie du pays, cettelégislation n’est pas moins en opposition avec tous les princi-pes raisonnables. Il est évident qu'une réforme, à cet égard,est urgente. L’intérêt public exige que tous les peuples soientlibres de nous envoyer toute espèce de provisions et de sub-sistances au meilleur marché possible.
Les droits imposés par les lois sur les grains, étant, de tousceux qui figurent sur cette longue liste, ceux qui contribuentle plus à élever le prix des subsistances, nous croyons devoirconsigner ici quelques observations destinées à convaincre lepublic des funestes effets de ces lois. Quant à leur but avoué ,l’élévation des prix du blé, il est évident qu’elles l’atteignent;on peut s’en convaincre en comparant le prix des blés cheznous et à l’étranger. Il est prouvé, par l’état des marehés étran-gers, qu’à une estimation modérée, on pourrait importer etvendre le froment étranger à i o schellings, l’orge à 5 schel-lings, l’avoine à 3 schellings 6 pences par quarter de réductionsur le prix auquel l’orge, l’avoine et le blé britannique ont étévendus, année commune, pendant les seize années écoulées de-puis la promulgation de la loi des grains en i8i5.
La-consommation des céréales dans le Royaume Uni est com-munément estimée à une quantité annuelle de 5o, 000,000 déquarters. Eh prenant la moyenne de l’augmentation causée parces prix additionnels, on trouvera que sur les trois espècesde grains, elle s’élève à5 schellings le quarter. Il est évident quele public paye annuellement pour les grains qu’il consomme1. ia,5oo,ooo de plus qu’il ne paierait si les lois sur les céréales,n’existaient pas.
L’augmentation de prix payée par le travailleur pour leblé ou plutôt pour le pain qu’il consomme, est un impôtsur son salaire, quand elle n’est pas suivie d’une augmenta-tion correspondante dans les salaires; et sous ce rapport, ilne saurait. rien y avoir de plus funeste que les restrictions