mises à l'importation des blés étrangers. Quand l’augmenta-tion dans le prix du blé a pour effet d’élever les salaires, lerésultat, disent les hommes dont l’autorité a le plus de poidsdans ces matières, est de réduire les bénéfices des capitaux,tandis que d’autres disent que ce résultat consiste à éleverle prix de tous les objets. Mais dans l’une et l’autre hypo-thèse, le mal est grand pour le public Si l’élévation des sa-,laires réduit la proportion des bénéfices, il en résulte unediminution sur la somme des profits obtenus par le capitalde la nation, conséquemment une diminution dans son re-venu annuel, et dans les moyens d’accroître la richesse na-tionale. Si le résultat de l’élévation des salaires est d’éleverle prix de tous les objets de consommation , il y a néces-sairement diminution dans la consommation, dans l’emploidu capital et de la main d’œuvre, ainsi que dans les moyensd’accroissement de la fortune publique. Les lois sur les grainsportent préjudice à tous les travailleurs, à tous les manufac-turiers, à tous les genres de commerçans, aux fermiers eux-mêmes (1), en un mot, à tout ce qui vit d’industrie, à tout ce
{1) Un fermier est un capitaliste, tout aussi bien qu’un boutiquier ou unfabricant, et les bénéfices d’un capital employé en cultures , doivent, endéfinitive, être affectés par les causes qui contribuent à réduire les béné-fices des autres capitaux. Tous les capitalistes ont intérêt à se procurer àbon marché les choses nécessaires à la vie, et par conséquent le blé commetout le reste, parce qu’alors leurs ouvriers se contenteront d’un moindresalaire. Les gains du fermier ne peuvent pas se soutenir longtems au-dessus de l’échelle des gains des autres capitalistes. Même pendant la du-rée d’un bail , une élévation dans le prix du blé , ne lui est pas toujoursavantageuse; car, si, en même tems , le prix de tous les objets vient àaugmenter, force lui est de donner un prix plus élevé pour scs chapeaux,scs vêtemens, ses chevaux, scs moulons, ses bœufs, etc. ; et lorsqu’ilapproche de la fin de son bail, l’élévation des prix est loin de lui êtrefavorable ; car elle produira la concurrence, qui saura bien l’empêcherd’en tirer un avantage de quelque durée.
Cependant, comme tous les autres capitalistes, il a un grand intérêt àl’élévation des profits; mais il est impossible que les profits sc maintien-