— G 3 —
combien sont peu fondées les assertions de ceux qui se plai-gnent que ces deux industries ont été entièrement minées parles changemens introduits en 1825 dans les lois relatives à l’ad-mission des produits de fabrique étrangère. Car la quantitétotale importée dans chacune des quatre années qui ont suivi1825, suffirait à peine à la consommation de quelques jours,et se perd inaperçue dans la quantité fabriquée annuellementdans le Royaume-Uni.
L’accroissement considérable dans l’importation de la soiegrège, prouve que l’état de dépression de la soierie en 1829,doit être attribué entièrement à l’excès de la production. S’ilexistait encore quelque doute à cet égard, il ne saurait plus yen avoir aujourd’hui que nous voyons cette industrie redevenirflorissante, bien que l’importation des soieries étrangères con-tinue d’avoir lieu.
Comme tous les gants de peaux fabriqués en Angleterre sontfaits avec des peaux étrangères, et comme il ne s’importe quedes gants de peaux, la grande quantité des peaux importées ,montre aussi que la dépression de la ganterie est due pareille-ment à l’excès de production ; on est donc fondé à déclarer dela manière la plus formelle, que c’est à tort que l’on voudraitattribuer aux changemens législatifs de 1825 , la détresse qui,il y a quelque tems, a affligé ces branches d’industrie ; et quec’est à tort également qu’on prétend que ces changemens onteu pour résultat de remplacer l’ancien ordre de choses , par laliberté commerciale. Si cette liberté est la seule politique rai-sonnable à suivre, c’est une expérience qui n’a point encoreété faite.
C’est une erreur étrange que d’imaginer que M. Huskisson aintroduit dans ce pays le système de la liberté commerciale (1).
(1) Cette opinion sur les mesures de M. Huskisson, en 1826, a étéexprimée et amplement développée par l’auteur, dans un discours pro-noncé dans la Chambre des communes , séance du 17 juin i 8 a 5 , lors dela discussion relative au nouveau tarif proposé par M. Huskisson, pourles droits de douanes. Voir les Débats Parlementaires de Hansard. Vol.XIII.