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mère, qui consiste à essayer de vendre à l’étranger sans acheterde lui.
» Quelle est donc la conséquence la plus immédiate du systèmeprohibitif , ou en d’autres termes, du monopole ? C’est que lepays qui est placé sous son empire, ne peut vendre ses produitsà l’étranger. Le voilà donc refoulé dans lui-même ; et à l’im-possibilité de vendre ce qu’il a de trop , vient se joindre la né-cessité de payer plus cher ce qui lui manque.
» Notre industrie ne demandait, pour fructifier, ni la faveurd’un monopole, ni cette foule d’artifices et de secours dontbien d’autres ont imposé le fardeau au pays. Une sage libertécommerciale, une économie politique fondée sur la nature, enrapport avec la civilisation, en harmonie avec tous les intérêtsvéritables, tel était son besoin. Livrée à son essor naturel, ellese serait étendue d’elle-même sur la France de 181 4 » commesur celle de 1789 ; elle aurait formé la plus riche branche deson agriculture; elle aurait fait circuler, et dans son sol natal,et dans tout le sol du royaume, une sève de vie et de -richesse;elle aurait encore attiré sur nos plages lé commerce du monde;et la France, au lieu de s’ériger avec effort, en pays manufac-turier, aurait reconquis, par la force des choses, une supério-rité incontestable comme pays agricole.
» Le système contraire a prévalu.
» La ruine d’un des plus anciens départemens de la France,la détresse des départemens circonvoisins ; le dépérissement gé-néral du Midi; une immense population attaquée dans sesmoyens d’existence; un capital énorme compromis; la per-spective de ne pouvoir prélever l’impôt sur notre sol appauvriet dépouillé; un préjudice immense pour tous les départemensdont nous sommes tributaires; un décroissement rapide danscelles de nos consommations qui profitent au Nord ; la stag-nation générale du commerce avec tous les désastres qu’elle'entraîne, toutes les pertes qu’elle produit , et tous les dom-mages, ou matériels , ou politiques , ou moraux , qui en sontl’inévitable suite; enfin l’anéantissement de plus en plus irré-parable de tous nos anciens rapports commerciaux ; les autrespeuples s’enrichissant de nos pertes, et développant leur sys-