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tême commercial sur les débris du nôtre, tels sont les fruitsamers du système dont nous avons été les principales victimes. »Telles sont donc les conséquences du système protecteur. Cesystème empêche les pays soumis à son influence de produireautant qu’ils produiraient, si chacun d’eux fournissait les pro-duits qui lui sont spécialement appropriés. Il divise la sociétéde chaque pays en deux classés, les consommateurs et les par-tisans du monopole , dont l’une est intéressée à la perte del’autre ; il entoure un principe mauvais de tout le cortègevexatoire des droits, des remboursemens, des prohibitions; etce qu’il y a de pire, son établissement n’est profitable à per-sonne, et tout le monde en souffre. L’intérêt public exige doncqu’il soit complètement aboli; mais cette abolition doit se-fairegraduellement; car il faut reconnaître que ceux qu’aujourd’huiles restrictions protègent, ont le droit de demander qu’elles nesoient pas abolies immédiatement, et qu’on leur accorde untems raisonnable pour se préparer à soutenir la concurrenceétrangère, ou pour abandonner la branche d’industrie qu’ilsexercent. Voilà ce qu’ils ont droit de demander et d’obtenir,et rien de plus; car si on leur accorde plus, les intérêts de lamajorité du public seront sacrifiés à ceux d’une faible mino-rité (1).
Il ne reste plus qu’un seul point à éclaircir dans la questiondu système protecteur, c’est l’opinion de ceux qui prétendentque nous ne devons lever les restrictions sur l’importation desmarchandises étrangères, que lorsque les pays étrangers serontconvenus de permettre l’importation de nos marchandises. Maisn’oublions pas que les motifs véritables qui nécessitent de no-tre part l’abolition de ces restrictions, ce sont les maux nom-breux qui en résultent parmi nous, dans les divers modes quenous avons décrits ; si donc nous ajournons cette abolition jus-qu’à ce que les autres pays en fassent autant de leur côté, nousne faisons autre chose que d’ajourner un soulagement que nouspourrions nous procurer sur-Ie champ.
f l) Revue trimestrielle étrangère , n° VI, page 649.