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L'absence d’un bon système de comptabilité, fait qu’on tientun très-grand nombre de livres inutiles. Les formalités et lescontrôles sont multipliés de manière à nécessiter indéfinimentet sans utilité, des copies, des répétitions , de l’embarras, dela confusion ; des affaires qui doivent se faire dans la même di-vision, sont réparties entre plusieurs; du tout il résulte qu’onn’atteint pas le but unique de toute comptabilité publique, quiconsiste d’abord à créer des moyens de sécurité contre la né-gligence ou l’improbité des comptables ; ensuite , à mettre àmême de fournir avec exactitude , facilité et promptitude, tousles renseignemens nécessaires sur les diverses branches des re-cettes et dépenses publiques.
Les comptes publics sous un bon système, pourraient fournirune grande instruction commerciale et financière. De mêmeque les livres d’un marchand indiquent lé résultat de chaquespéculation, de même les comptes publics doivent fournir,à propos de chaque nature d’impôts, tous les renseignemensnécessaires sur la quantité des articles fabriqués, ou importés,ou exportés sur lesquels frappe l’impôt; les lieux où on leperçoit, et les frais qu’entraîne la perception. A l’aide de cesdocumeos, le ministre des finances serait à même d’estimer lefardeau comparatif des diverses contributions, et d’apporter desaméliorations là où il reconnaîtrait que l’impôt est en oppositionavec les quatre principes fondamentaux établis par AdamSmith, relativement aux impôts en général (1).
( 1 ) Voici ces quatre principes fondamentaux :
I. Les citoyens d’un Etat doivent contribuer aux charges publiques,chacun en raison de ses facultés.
II. L’impôt que chaque individu doit payer, doit être fixe et nonarbitraire.
III. Tout impôt doit être perçu aux époques et dans le mode le plusà la convenance des contribuables.
IV. Tout impôt doit être réglé de manière à ce qu’il prélève de labourse du peuple aussi peu que possible au-delà de ce qu’il apporte auTrésor de l’État.
( Richesse des nations, vol. 5 , page 368. édit, de M c Culloch. )