— 198 —
explications données par sir George Cockburn, étaient princi-palement fondées sur l’état des affaires en Grèce et en Turquie,ainsi que sur la piraterie qui désolait alors l’Archipel de laGrèce et les mers des Indes Occidentales, les contribuables ontaujourd’hui le droit d’exiger une grande réduction dans lenombre des marins et dans les dépenses de la marine en géné-ral.
Si, depuis la fin de la guerre, les dépenses de notre marineavaient été réglées, d’après les forces navales des autres pays,elles n’auraient jamais été aussi considérables; on a donc sa-crifié en pure perte bien des millions. Nous nous sommes effor-cés d’accroître notre puissance navale, dans une proportion quieût pu faire croire que d’autres nations continuaient à entre-tenir des flottes aussi nombreuses qu’autrefois. D’après la dé-position de sir George Cockburn, la France avait en 1793, 80vaisseaux de ligne en bon état, et un grand nombre d’autrescapables d’être mis en état de service. Maintenant, elle en entre-tient 40, en état de service, et elle n’en possède qu’une ving-taine de plus (1). En 1792, la Hollande avait une flotte si nom-breuse et en si bon état, qu’elle fut à même de livrer la bataillede Gamperdown. Sir George Cockburn dit qu’elle a aujour-d’hui une marine sans importance (2). En 1793, l’Espagne avait76 vaisseaux de ligne ( 3 ); mais sa marine fut détruite d’unemanière si complète aux batailles de Saint-Vincent et de Tra-falgar, et en plusieurs autres occasions pendant la guerre,que, d’après la déposition de sit George Cockbrun , sa marineest aujourd’hui très-peu redoutable. Il est vrai, d’autre part,que la Russie et les Etats-Unis ont aujourd’hui une marine plusnombreuse qu’en 1792 ; mais cette augmentation dans le nom-bre de leurs vaisseaux est peu de chose, comparée aux pertesqu’ont faites la France, l’Espagne et la Hollande, comparéesurtout aux forces maritimes que possède, actuellement l’An-gleterre.
fl) Page 12.
(2) Page 12.
; 3 ) Histoire de la marine britannique, par M. James, vol. I, page 80.