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simples opérations du calcul , composaient les formules d’abréviation cilusage dans la période normande , et conséquemment étaient employés àl’Echiquier, qui, de tous les établissemens du monde civilisé , est peut êtrele seul qui en garde l’usage, de préférence aux chiffres arabes, si simples,si intelligibles, et dans lesquels on est obligé, par le fait, de traduiretous les documens dans les livres de l’Echiquier (1).
De même,une grande partie delà phraséologie conservée à l’Echiquiermontre combien ses formes antiques sont’peu adaptéesà l’époque actuelle.Par exemple, les avances ( impresls ) étaient des prêts faits à des particu-liers qui en répondaient au roi ; dans les ordres rédigés en latin, on lesappelait sommes de preesiito , ou en français normand , in prest (d’où l’ona fait imprest ), c'est-à-dire en prêt, ou, comme on les appelait quelque-fois, accommodement aux parties ( accomodatum ). Eu outre, la Cour del’Echiquier, dans ses anciennes fonctions judiciaires , donnait aux termesqu’elle employait, une acception qu’ils ne sauraient plus avoir ; il en estd’autres que les ehangemens survenus dans le caractère des transactionsfinancières ont rendu surannés et inapplicables. Dans le mode en usagepour les recettes et les paiemens , oit emploie aujourd’hui presque lesmêmes formes qu’à l’époque où tous les paiemens se faisaient en espècesmétalliques. Les transactions , telles qu’elles ont lieu aujourd hui entre laBanque et l’Echiquier ; les caisses des compteurs; le mode d’enregistreret de justifier les paiemens; les autor tés en vertu desquelles les ordresde paiement sont émis, sont autant de complications qu’il serait utiled’abolir entièrement, par suite des facilités que fournit le système debanque. La commission des comptes de 1782 observe avec raison, dansun passage de son rapport cité par M. Barton , « que si les ehangemenssurvenus dans les termes ont rendu inutiles les anciennes formules quiservent de base à l’expédition des affaires , il faut que leur chute en-traîne celle de tout le système. »
Si on adopte les arrengemens que nous proposons , les attributions dunouvel Echiquier seront tellement diminuées et simplifiées, que leurexercice n’exigera qu’une administration peu coûteuse. 11 nous a paruqu’un bureau composé du personnel suivant, suffirait amplement à tousles besoins :
(1) La commission des comptes de 1782 , s’exprime ainsi à l’occasion des formes , alorsel aujourd'hui encore , en vigueur h. l’Echiquier :
« Quant aux formes employées,
» ün compte rédigé dans les formes de l’Echiquier, est en anglais, mais contient quel-» ques mots latins. Le compte rendu est tout entier rédigé en abréviations latines. Dansh l’un et l’autre , les sommes sont exprimées en caractères qui sont une imitation corrom-» pne du vieux texte , et ne sont en usage nulle part que nous sachions, si ce n’esl à» l’Echiquier. Ces caractères donnent lieu à des erreurs fréquentes, et leur usage est incoin-» mode et fatiguant aux employés eux-mêmes. La plupart des comptes faits à l’Echiquier,» sont rédigés deux fois, d’abord en chiffres ordinaires et susceptibles d’ètre additionnés,» puis traduits en latin , et les sommes exprimées en caractères de l’Echiquier; dans un» compte détaillé, afin de rendre intelligibles les rombres élevés, sous les caractères de» l’Echiquier, on met les chiffres usuels. Ces caractères sont défectueux en ce sens qu’ils» n’ont aucun signe qui exprime les nombres élevés, par exemple, les millions; ils sont» d’ailleurs inintelligibles aux individus qui ont des fonds à recevoir, ou que d’autres Iran» sactions financières mettent en contact avec l’Echiquier. » Journal, 1782 , page 45^ -