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Histoire de la Nation Suisse : d'après les principaux écrivains nationaux et quelques sources originales / par Alexandre Daguet
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DE LA NATION SUISSE.

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rent, le premier, lAllemagne, et le second, la Suisse, avecle langage et dans tout lappareil des charlatans (1519). Ac-cueilli avec de grandes démonstrations de respect dans plu-sieurs cantons comme un envoyé du Saint-Siège, Sainsoncomptait transporter à Zurich le théâtre de ses prédicationslucratives. Mais Zwingli, qui venait den être nommé curé,et lévêque de Constance, dans le diocèse duquel cette villeétait située, se réunirent pour lui en fermer lentrée. Detoutes parts, des plaintes sélevèrent contre le trafiquantdindulgences. Il dut quitter le sol suisse, honni des genséclairés et désavoué par le pape Léon X qui en écrivit de samain au courageux pasteur de la cité zuricoise.

A cette époque, Zwingli vivait encore dans la meilleureintelligence soit avec son supérieur immédiat, lévêque deConstance, soit avec le chef do lÉglise. Léon X lavait nommérécemment son chapelain honoraire, et lui faisait une pen-sion de cent ducats pour le récompenser davoir empêchéZurich dadhérer à lalliance française. Mais tous les antécé-dents de Zwingli et son ardeur croissante pour les réformes,faisaient présager une prochaine rupture. Déjà à Claris, puisà Einsiedlen il avait exercé les fonctions pastorales,Zwingli sétait signalé par son zèle contre les abus qui exis-taient dans lEtat et dans lEglise. A peine installé à Zurich,il y avait attaqué de front et avec une mâle éloquence, et letrafic des indulgences, et les services étrangers. Au com-mencement il exceptait le service du Saint-Siège, que sonrespect pour le pape et lamitié quil portait au cardinalSchiner lui faisaient considérer comme revêtu dune sorte deconsécration religieuse. Mais plus tard, ayant changé dopi-nion à cet égard et renoncé à la pension quil recevait deRome, il frappa du même anathème tous les services étran-gers quels quils fussent.

De lattaque des abus, Zwingli passa bientôt à celle despratiques et des institutions de ,1Église romaine, qui ne luiparaissaient pas fondées sur lÉcriture sainte, objet de sescontinuelles méditations.

Combattu par le clergé, queffrayaient ses doctrineshardies, et par les nobles, partisans des services merce-naires, Zwingli nen devint que plus ardent et plus intré-pide dans la lutte. Le bourgmestre Marc Roust et les mem-