DE LA NATION SUISSE.
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rent, le premier, l’Allemagne, et le second, la Suisse, avecle langage et dans tout l’appareil des charlatans (1519). Ac-cueilli avec de grandes démonstrations de respect dans plu-sieurs cantons comme un envoyé du Saint-Siège, Sainsoncomptait transporter à Zurich le théâtre de ses prédicationslucratives. Mais Zwingli, qui venait d’en être nommé curé,et l’évêque de Constance, dans le diocèse duquel cette villeétait située, se réunirent pour lui en fermer l’entrée. Detoutes parts, des plaintes s’élevèrent contre le trafiquantd’indulgences. Il dut quitter le sol suisse, honni des genséclairés et désavoué par le pape Léon X qui en écrivit de samain au courageux pasteur de la cité zuricoise.
A cette époque, Zwingli vivait encore dans la meilleureintelligence soit avec son supérieur immédiat, l’évêque deConstance, soit avec le chef do l’Église. Léon X l’avait nommérécemment son chapelain honoraire, et lui faisait une pen-sion de cent ducats pour le récompenser d’avoir empêchéZurich d’adhérer à l’alliance française. Mais tous les antécé-dents de Zwingli et son ardeur croissante pour les réformes,faisaient présager une prochaine rupture. Déjà à Claris, puisà Einsiedlen où il avait exercé les fonctions pastorales,Zwingli s’était signalé par son zèle contre les abus qui exis-taient dans l’Etat et dans l’Eglise. A peine installé à Zurich,il y avait attaqué de front et avec une mâle éloquence, et letrafic des indulgences, et les services étrangers. Au com-mencement il exceptait le service du Saint-Siège, que sonrespect pour le pape et l’amitié qu’il portait au cardinalSchiner lui faisaient considérer comme revêtu d’une sorte deconsécration religieuse. Mais plus tard, ayant changé d’opi-nion à cet égard et renoncé à la pension qu’il recevait deRome, il frappa du même anathème tous les services étran-gers quels qu’ils fussent.
De l’attaque des abus, Zwingli passa bientôt à celle despratiques et des institutions de ,1’Église romaine, qui ne luiparaissaient pas fondées sur l’Écriture sainte, objet de sescontinuelles méditations.
Combattu par le clergé, qu’effrayaient ses doctrineshardies, et par les nobles, partisans des services merce-naires, Zwingli n’en devint que plus ardent et plus intré-pide dans la lutte. Le bourgmestre Marc Roust et les mem-