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Histoire de la Nation Suisse : d'après les principaux écrivains nationaux et quelques sources originales / par Alexandre Daguet
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HISTOIRE

lui à Zurich. On laccusait dêtre un obstacle aux tentativesde conciliation qui se faisaient jour au sein de la magistrature.

Le 26 juillet, il se présente devant le grand conseil, faitlapologie de sa conduite et donne sa démission. Effrayé decette retraite, le grand conseil lui envoie une députationcomposée des personnages les plus éminents, et par-vient à le retenir à son poste. Pendant ce temps, les Étatsneutres (Soleure, Appenzell, Glaris et Fribourg) se réunis-saient en diète à Aarau et à Bremgarten pour travailler h unaccommodement. Ils étaient appuyés par les ambassadeursde France, Iïoirigault et Maigret. « Si Zurich se détermineà la guerre, écrivaient ces derniers à Zwingli, il ne se pas-sera pas six mois que cet État sen repentira ; car elle luisera funeste. II est encore temps; tout dépend de toi et detes partisans. » Mais Zurich et ses alliés persistant à exigerla libre prédication de lÉvangile dans les cinq cantons,les réformés comptaient des adhérents qui nosaient pas semanifester, les chefs catholiques assemblés à Brounnen dé-clarent la guerre à Zurich (9 octobre). Un manifeste dun la-conisme énergique fit connaître les nombreux griefsdes cinq cantons et les raisons qui les justifiaient devantDieu et devant les hommes de la résolution quils se voyaientobligés de prendre pour donner du pain à leurs enfantset défendre leur religion et leur indépendance en péril.La détermination des catholiques jette lalarme et linquiétudeà Zurich. Au lieu de se préparer à la guerre, cette ville serépand en plaintes contre Zwingli, quelle accuse de lavoirprovoquée. Des bruits de trahison et des présages sinistresviennent accroître le découragement général. Zwingli lui-même, si confiant et si téméraire jusque-, se laisse alleraux plus sombres pressentiments. Ées ordres et les contre-ordres se succèdent au conseil. Enfin, Lavater, bailli de Ky-bourg et vieil officier de Marignan, fait sonner le tocsin etmarche avec 1,500 hommes. Les catholiques, au nombre de8,000, étaient déjà postés à Cappel (*). En présence dunennemi si supérieur en nombre, Éavater et les autres chefs

[i) Les chefs catholiques étaient Gilg Rychmouth, Schorno, de SehwytzZelger et Wirz, dUnderwald ; Thoos et Collin, de Zoug ; Golder, Sonnen-berg et Gaspard Goldli, de Lucerne; Trog, Jauch, dUri, etc. LavoyerIloug, de Lucerne , était commandant en chef.