Buch 
Histoire de la Nation Suisse : d'après les principaux écrivains nationaux et quelques sources originales / par Alexandre Daguet
Entstehung
Seite
207
JPEG-Download
 

DE LA NATION SUISSE.

207

de ces abus. Les principaux pétitionnaires furent punis parpar la prison et un exil plus ou moins long. De ce nombreétait Samuel Henzi, capitaine au service de Modène, hommedune vaste instruction littéraire, nourri de létude de classi-ques grecs et romains, et de lhistoire des conjurations an-ciennes et modernes. Gracié par le sénat et de retour deson exil en 1748, llenzi se présenta pour le poste de biblio-thécaire auquel lui donnaient des droits ses connaissancesvariées et la manière distinguée dont il avait rempli les fonc-tions du sous-bibliothécariat. On lui préféra un jeune patriciende dix-huit ans, dont la vocation littéraire ne sétait encoredécelée par aucun service rendu aux lettres. Exaspéré parcette injustice et par le mauvais état de ses affaires, llenzitrama, avec dautres mécontents, le renversement de loli-garchie, quils se proposaient de remplacer par un gouver-j nemenl tiré, comme autrefois, du sein de la bourgeoisie deBerne. Les conjurés, au nombre de soixante et dix, avaientj pour chefs, après Henzi, un négociant ruiné, nommé Wer-f nier et le lieutenant Foueter, commandant en second def la garde soldée et ancien sergent-major au service de France.

Un patricien, le fils de lavoyer dErlach, était au nombre def leurs affidés, et le proscrit genevois Michéli Ducret, détenu àf lhôpital, entretenait avec eux une active correspondance. Le, dimanche, 13 juillet, fut fixé pour lexécution du complot.

A un signal donné par lexplosion de quelques grenades,ou lincendie dune masure, les mécontents devaient couriraux armes, semparer de larsenal, surprendre les membresdes conseils et les forcer dabdiquer, au besoin parla violence.Pour la réussite du complot, Henzi comptait beaucoup surFoueter que sa position mettait à même de servir utilementla cause de linsurrection et de grossir le petit nombre des; conjurés avec les soldats placés sous ses ordres. Mais le 2| juillet, à 8 heures du soir, lun des conjurés, étudiant en théo-; logie, tourmenté des suites que pouvait avoir la conspiration,

| en révéla lexistence au conseiller Tillier, magistrat aimé du

peuple. Sur lordre du conseil secret, de jeunes membres des

Deux-Cents se rendirent sans bruit au logis des chefs du com-I plot, et les arrêtèrent eux-mêmes. Foueter voulut faire-, sistance et tira un coup de pistolet qui ne partit pas. Lofficier

qui larrêtait riposta avec un pistolet chargé à poudre et lui