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HISTOIRE
de l’espoir que leur pauvreté, leurs montagnes et la forme dé-mocratique de leur gouvernement les préserveraient de la des-truction qui menaçait leurs voisins et confédérés. Ils ne de-vaient pas tarder à se repentir de leur égoïsme cantonal et àpayer bien cher l’abandon de la maxime qui avait fait la force etla gloire de leurs ancêtres, à Morgarten, à Laupen, à Morat :tous pour un, un pour tous. Un nœud sacré unit les Etatslibres; il suffît de la chute d’un seul pour ébranler tous lesautres P).
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XXIV.
Temps de la République helvétique. — Occupation française. — Guerredésastreuse des petits cantons. — La Suisse, théâtre de la guerre étran-gère et de la guerre civile. — Lutte des partis au sein du gouvernementhelvétique. — Intervention de Napoléon.
(De Van 1798 à 1803.)
es Français s’étaient annoncés comme les libéra-teurs du peuple suisse, comme les soldats de laliberté et les protecteurs des chaumières. Une foismaîtres de l’llelvétie,ils se souillèrentpar le meur-tre, le pillage, le viol et l’incendie, et firent pesersur elle un joug plus odieux et plus humiliant que ne l’avait étécelui de Gessler et des autres baillis autrichiens au quatorzièmesiècle. Le Pays-de-Vaud lui-même, où l’arrivée des Françaisavait été saluée par des transports d’allégresse, ne fut pas à l’a-bri de leurs exactions, et dut payer une somme de 700,000livres, prix de son émancipation, déguisé sous le nom d’un em-prunt forcé. Dans les cantons de Fribourg, Soleure, Berne, Lu-cerne, le pillage commença par les caisses publiques et les arse-naux.De Berne seulement, 300pièces d’artillerie et 60,000 fu-sils furent transportés à Toulon pour servir , à l’expéditiond’Égypte ; puis on frappa les gou v ernants etleurs familles d’une
(1) Nos principales sources pour cette époque si importante de l’histoirehelvétique sont le 17e volume de M. Monnard ; la révolution helvétique deZschokke, dont l’écrivain français, Raoul Rochette, a fait grand usagepour son histoire des mêmes événements ; les belles leçons de lioltinger;l’histoire de Berne de l’impartial M. de Tillicr, et les mémoires du colonelde Rovéréa, homme de parti, mais plein de cœur et de nohlesse.