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Rapport à M. le Ministre de l'instruction publique, suivi de quelques pièces inédites tirées des manuscrits de la Bibliothèque de Berne / par Achille Jubinal
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mine qu’à la moi'l du héros qui est l’âme du récit. Il serait impor-tant d’en recueillir les variantes. La deuxième composition du vo-lume est le roman de Perceval le Gallois ou du Saint-Graal, encoreinédit, et qui n’a guère moins de neuf mille vers. Elle est suivie deplusieurs écrits en prose relatifs à la Terre Sainte, parmi lesquels jeme suis attaché surtout à collationner sur l’édition qu’on en trouveradans les notes de mon premier volume de Rutebeuf , d’après lesmanuscrits de Paris , la lettre de Prestre Jehan à l’empereur deRome. J’ai pris note des variantes qui m’ont paru importantes, etj’en ferai usagé dans un mémoire que je me propose de publier tou-chant cette vieille fable nestorienne si intéressante.

On trouve encore dans ce manuscrit le roman intitulé : Les Mo-ralitez de tous les philosophes , dû à Alars de Cambray, qui s’ynomme lui-même avec assez peu de modestie (1); la complainte deJérusalem contre la cour de Rome, virulente et curieuse satire quin’existe que là ; — le roman de Durmart ou de Durdemert, anciennelégende galloise en vers de huit syllabes, dont je donnerai l’analysefidèle; —■ des strophes sur la mort, qui ne sont pas, quoi qù’on en aitdit, de Hélinand, mais bien de Thibaut de Mar)y ; — enfin, un frag-ment d’environ deux cents vers, d’une écriture fort difficile à lire,et dans lequel je n’hésite pas à voir une partie de la chanson d’An-tioche , si célèbre dans nos romans du moyen âge, mais qu’on n’atrouvée nulle part jusqu’à présent.

J’ai pris copie de la plupart de ces pièces, et elles ne tarderont pasà voir le jour.

Je ne parlerai que pour mémoire du manuscrit du treizième sièclenuméro 320,. intitulé : Poemata rhythmica de bello sancto, qui con-tient le roman du chevalier au Cygne ; — du manuscrit 573, où sontcélébrés les exploits de Charlemagne dans la fabuleuse expéditionde Jérusalem que lui attribue la chronique de Turpin;— du ma-nuscrit 388 (treizième siècle), qui renferme, après une vie de saintJean-Baptiste en vers de huit syllabes, les prophéties de Merlin, quisont, dit l’auteur, translatées du latin en français , que Feudris liemperères les a faites translater porce que li chevaliers et les autresgens laïcs les entendent miaus et puissent prendre aucuns bon essam-ple; plus, le roman des Sept Sages de Rome ; — du numéro 238,qui contient le roman de Cléomades , rimé par le roi Adenès, dontles collaboratrices à cet ouvrage furent Blanche d’Artois et la reineMarie de Brabant, femme de Philippe-le-Hardi ; —• du numéro 218,qui contient les poésies de Guillaume de Machault ;—du numéro 393,qui contient une espèce d 'image du monde ( astronomia poetica, ditle titre du recueil) ; — du numéro 217, où j’ai trouvé, après la vie desaint Louis, traduite de Guillaume de Nangis , un petit poème inti-tulé : Le chapel des trois fleurs de lys, qui contient d’excellents pré-ceptes à l’usage des chevaliers, des clercs, des croisés, etc. J’aiextrait de ces divers recueils tout ce qui m’a paru devoir présenterquelque intérêt scientifique.

Je terminai mon examen des manuscrits de Berue par le manu-scrit 141, renfermant une grande collection de lettres autographesréunies par Bongars. J’y en trouvai une latine de Cujas avec cette in-scription : Josepho Hasteno, dont je pris copie pour l’érudit éditeur de

(i) Je Alars ,.qui sui de Cambray

Qui de maint bel mot le nombre ay,Vos vuel ramentevoir par rime, etc.