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Rapport à M. le Ministre de l'instruction publique, suivi de quelques pièces inédites tirées des manuscrits de la Bibliothèque de Berne / par Achille Jubinal
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— Dux, j’ai mult bien vos r aixon escoutée ,

Maix vos pairleis trop mervillousement.

Quant mueis me fait amors et plux m’agrée ,

Et mueîs ia ser et plus m’en truis engrant.

. . Aigseis mostreis le vostre'covenant:

Tost averiés vostre dame obliée ;

Je li lo bien k’elle vos maint tandani.

Hé., Gélibert! or est foie provée,'"'

S’en vo mercit ne se met maintenant.

Qant on fait tant ke sa dame est gabée ,

Dites-vos dont c’on l’aimme plux forment ?

N’est pais amor où on vait mal quérant,

Dont sa dame poroit estre blâmée :

Nuis ne lou fait ki aimme loiaulment.

— En nom Deu, dux, ceu est chose paissée ;

Je ne croirai k’il soit si faitementQue por bonteit soit dame refusée,

Ains la doit-on servir mueis ke d’avant.

Or nos metons en loiaul jugement,

. Si iert la raixon de nos dous partie,

Car nos estris dure trop longuement.

— Gellibert, soit. J’en preng por mon guérantLou boen Raioul de Soixons, ke sevrée *

Ne fistd’amor nul j or en son vivant.

— Dux, et j’en praing le boen conte vaillantCelui d’Amo **. La chose est bien alée ,

Car cist dui sont de boen entendement.

* Raoul, comte de Soissous. (Voyez la pièce suivante.)

** Charles, frère de saint Louis, comte d’Anjou, et plus tard roi de Sicile . On connaîtde lui un /cm parti , fait avec Perrin d’Angecourt, et une chanson rapportée par M. PaulinParis, page ia3 de son Romancero français . 11 aimait les lettres et les lettrés.