AYANT-PROPOS
Qu’il me soit permis de dire quelques mots sur les motifsqui m’ont engagé à traiter la question mise au concourspar la Section de Littérature, « la vie littéraire dans la Suissefrançaise pendant la seconde moitié du XVIII e siècle. »
Je pourrais dire d’abord que j’étais en droit de concourir,puisque la Section n’avait exclu que ses membres effectifs.Je pourrais ajouter qu’en traitant la question proposée, jene faisais tort à personne, puisque mon mémoire a été leseul présenté.
Mais il y avait plus que cela. J’étais incité par un sen-timent impérieux. Combien de fois n’ai-je pas eu occasionde constater l’ignorance dans laquelle beaucoup de noscompatriotes, lettrés du reste, sont demeurés en ce qui con-cerne la littérature et les littérateurs de notre pays? Nousvoyons tous les jours des Suisses français, très-ferrés sur lalittérature française, qui tiendront à honneur d’être parfaite-ment au courant de ses productions, même les plus secon-daires, qui connaîtront jusqu’au drame parisien le plus mé-diocre, jusqu’à la poésie française, proprement dite, la moins