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François Bonivard, le célèbre prieur de St.-Victor,est sans contredit le plus éminent parmi nos écri-vains du seizième siècle. Bien qu’on pût à la rigueurchicaner sur son indigénat genevois et helvétique, il esttellement acquis à notre histoire, que nul ne sauraitnous le disputer sérieusement.
Le grand-banneret d’Orbe, Pierre de Pierrefleur, lepremier chroniqueur du Pays de Vaud, raconte les faitsde la Réformation dans sa patrie tels qu’il 1rs a vusétant assis au milieu de la fontaine de la dite ville. Ilprie qu’on ait égard « à son rude, mal orné et simplelangage, lequel est rude selon la forme et style dupays. »
La Réforme arrive, et tous les principaux réforma-teurs et prédicateurs, professeurs, ministres et régentsdans la Suisse romane, aussi bien à Genève qu’à Lau-sanne et à Neuchâtel, sont étrangers, depuis Farel etCalvin jusqu’à Antoine de Chandieu et Jean de Léry.C’est à peine si Pierre Viret, d’Orbe, fait exception *.
1. Pour donner une idée de l'affluence des savants étrangers dansla Suisse française après la Réforme, nous donnons la liste de ceuxqui se sont fixés dans le Pays de Vaud, à Lausanne, et qui y ontprêché, exercé un art libéral, ou enseigné : Pierre Caroli, 1536;J. Raym. Merlin, 154-8 ; Théodore de Bèze, 1549; François Hotman,1547; Béat Comte, pasteur, médecin et professeur de belles-lettres,1560; Ant. de Chandieu, 1570 ; Michel Hortin, 1574; Nicolas Col-ladon, 1576; Bonaventure-Corneille Bertram, 1583; Jean Scapula,1559; Æmilius Portus, 1581; Henri Eslienne, 1572; Nicolas Seguier,1594; Guillaume de Bue (Bucanus), 1594; Cœlius Secundus Curio,1542; Conrad Gessner, 1537; PierreBoguin, 1576; Adrien Blauner,1559: Mathurin Cordier, 1552; Elie Merlat, 1594 ; Jean Steck, 1611 ;