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Troupe qui t’enfle trop pour être fugitive,
Ton exil serait doux, errant par l’univers,
Si de tes grands défauts, ébauchés dans mes vers,
Tu connaissais l’effet par le mal qui t’arrive.
A peine as-tu^passé, d’une tempête affreuse,
Dans un port éloigné de persécution,
Que le nom de martyr sert à ta passionPour contenter tes sens dans une vie heureuse.
Tu laisse en Babylon enfants, pères et femmes,
Pour conserver tes fonds dans des autres séjours;
Et pour être assurés de ce charnel secours,
Vous leur souffrez que là ils négligent leurs âmes.
N’as-lu pas épuisé cette pauvre contrée?
Tel qui portait son or, en recevait des dons !
Tartuffe , viens-y voir, au lieu d’Obed-Edom,
Plusieurs Orgons trompés par ta feinte assurée.
Dieu, qui t’avait privé de son arche mystique,
Une seconde fois t’inflige son fléau ;
Il te crie d’en-haut : « Hypocrite troupeau,
» Voudrais-tu contre moi user de politique? »
La pièce est fort longue. Dans plusieurs strophes onfait parler tour à tour les citoyens anciens et nouveauxappartenant aux divers états ;
Le réfugié s’écrie :
Je ne gagne plus rien, a dit l’artisan suisse !
Paresseux ! .. Eh ! qu’a donc le Français plus que toi ?Travaille comme il faut, en observant ma loi,
Si tu veux que ton Dieu comme lui te bénisse.
L’ancien habitant répond ;