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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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Troupe qui tenfle trop pour être fugitive,

Ton exil serait doux, errant par lunivers,

Si de tes grands défauts, ébauchés dans mes vers,

Tu connaissais leffet par le mal qui tarrive.

A peine as-tu^passé, dune tempête affreuse,

Dans un port éloigné de persécution,

Que le nom de martyr sert à ta passionPour contenter tes sens dans une vie heureuse.

Tu laisse en Babylon enfants, pères et femmes,

Pour conserver tes fonds dans des autres séjours;

Et pour être assurés de ce charnel secours,

Vous leur souffrez que ils négligent leurs âmes.

Nas-lu pas épuisé cette pauvre contrée?

Tel qui portait son or, en recevait des dons !

Tartuffe , viens-y voir, au lieu dObed-Edom,

Plusieurs Orgons trompés par ta feinte assurée.

Dieu, qui tavait privé de son arche mystique,

Une seconde fois tinflige son fléau ;

Il te crie den-haut : « Hypocrite troupeau,

» Voudrais-tu contre moi user de politique? »

La pièce est fort longue. Dans plusieurs strophes onfait parler tour à tour les citoyens anciens et nouveauxappartenant aux divers états ;

Le réfugié sécrie :

Je ne gagne plus rien, a dit lartisan suisse !

Paresseux ! .. Eh ! qua donc le Français plus que toi ?Travaille comme il faut, en observant ma loi,

Si tu veux que ton Dieu comme lui te bénisse.

Lancien habitant répond ;