53
goût pour les lettres. Ainsi la littérature, la science, de-venaient petit à petitdans la Suisse française un état, et,qui plus est, un état honorable. Anciens et nouveauxcitoyens aspiraient à se faire un nom dans les lettres.Nous n’aurions pas trouvé cela dans la période pré-cédente. L’amalgame entre l’élément réfugié et l’élé-ment indigène s’était singulièrement avancé, bien quesous le rapport du goût, de la forme, du style, il y eûtencore bien des choses qui choquaient les hommes delettres purement français *.
Revenons à la Bibliothèque Italique. Elle avait dessœurs dans les Bibliothèques Anglaise 2 et Britan-nique 5 , dans la Bibliothèque Germanique ", qui pre-
1. Nous avons la preuve de ces imperfections de style, commeaussi d’un certain manque d'adresse chez les littérateurs de laSuisse française, dans une lettre inédite de J.-B. Rousseau, dontnous possédons l'original. Elle est adressée à M. du Lignon, auquelle célèbre lyrique parle du projet qu’avait manifesté de Crousaz dedédier son traité du Beau au comte de Luc. « Je renvoie à M. deCrousaz, écrit J.-B. Rousseau, le projet d'épître dont il a eu la bontéde me faire part, avec mes petites observations. Il m'a paru quenotre ami avait oublié l’essentiel, qui était de parler du ministère deSon Excellence en Suisse, et il peut s’étendre là-dessus sans alon-ger sa dédicace, dont je vois qu’il peut retrancher bien des chosessans la gâter. Elle n’était pas même écrite purement, et je suispersuadé qu’elle sera bien plus en état de paraître lorsque noireillustre ami l’aura retouchée.
» A Soleure, le 21 avril 1714. »
2. Par Matty, de la Roche et de La Chapelle. Amsterdam, 1717-1728.15 vol. in-12.
3. Par Des Maizeaux, Stæhlin, Bernard, Daudé, Beaufort. elc.La Haye, 1733-1747. 25 vol. in-8».
4. L ancienne Bibliothèque Germanique était rédigée par Lenfant
3