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blier, son Histoire générale de la Suisse, en cinq vo-lumes manuscrit, in-folio ; et la partie de son Histoirede la Réformation en Suisse, également manuscrite,n’a pu voir le jour qu’en 1835 *.
Ruchat a aussi laissé les matériaux d’une histoire del’Académie de Lausanne. Ils sont dans la Bibliothèquecantonale de cette ville. Les places de régents au Col-lège et de professeurs à l’Académie n’étaient pas tou-jours à Lausanne données au talent. Il fallait aller lesdisputer à Berne, où les recommandations puissanteset les intrigues l’emportaient quelquefois. M. le pro-fesseur André Gindroz, dans son Histoire de l’Instruc-tion publique dans le canton de Vaud, a déroulé latoile. Sans le suivre sur ce terrain, nous voulonsaussi soulever un petit coin du rideau. Qu’on nouspermette ici, pour montrer comment les choses sepassaient, de citer une lettre écrite par le ministreFavre, régent du Collège de Lausanne en 1745, à sonparent et compatriote le commissaire Favre, de Rolle,réfugié français comme lui. De telles pièces en disentplus que les raisonnements :
« Monsieur et très-honoré cousin,
» Comme nous sommes des gens de fortune, hors denotre patrie, nous sommes aussi engagés de nous aiderréciproquement, de nous soutenir et avancer. C’est celaaussi qui m’oblige à prendre la liberté de vous demander
1. De 1835 à 1838, par les soins de M. le professeur Vulliemin, etaux frais de feu M. Giral de Prangins.