35
riques ou de circonstance que des acteurs de sociétéjouaient dans les fêtes matrimoniales de quelque demoi-selle de bonne famille 1 . L’églogue et l’idylle étaientalors à la mode. Fontenelle était en grand crédit.M me Deshoulières avait peine à se faire pardonner sonOde au roi sur la destruction de l’hérésie. Les per-sonnes des deux sexes, qui formaient ce qu’on appelaitla société noble ou la première société dans nos petitesvilles ou dans nos contrées semées de manoirs féodaux,
1. Nous remarquons dans ces petites pièces le même retard, ence qui concerne la langue française, que nous avons déjà signalé.Le poëte roman parle encore comme Ronsard, quand déjà on esten plein siècle de Louis XIV. Ainsi, dans l’épithalame composé parMarc Cuvât, docteur en philosophie, pour les noces de noble Ga-maliel de Tavel, seigneur de Vullierens et Lussy, avec une demoi-selle de Salis, en 1672, l'Hymen s’exprime ainsi :
Epoux qui en toute liesseVas des amours de ta maîtresseRecueillir les doux fruits;
Qui des douceurs de l’hyménéeA séréné cette journéeEt l’as privé d'ennuis !
Je ne te donne pour estreineLes cailloux brillants qu’on amèneDu rivage indien,
Moins encor l’arène blondeQui fait jaunir le fond de l'ondeDu fleuve Lydien.
Un plus beau don je te présente,
Qui rendra ton âme contente,
T'égalant presque aux dieux;
C’est la vertu incomparable,
La chasteté inviolable
De ta nymphe aux beaux yeux.
Son port grave et doux tout ensembleA quelque immortelle ressemble,
Descendue ici-bas;
Non à l’amoureuse déesse,
Mais à celle qui, chasseresse,
Prend aux bois ses ébats....