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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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riques ou de circonstance que des acteurs de sociétéjouaient dans les fêtes matrimoniales de quelque demoi-selle de bonne famille 1 . Léglogue et lidylle étaientalors à la mode. Fontenelle était en grand crédit.M me Deshoulières avait peine à se faire pardonner sonOde au roi sur la destruction de lhérésie. Les per-sonnes des deux sexes, qui formaient ce quon appelaitla société noble ou la première société dans nos petitesvilles ou dans nos contrées semées de manoirs féodaux,

1. Nous remarquons dans ces petites pièces le même retard, ence qui concerne la langue française, que nous avons déjà signalé.Le poëte roman parle encore comme Ronsard, quand déjà on esten plein siècle de Louis XIV. Ainsi, dans lépithalame composé parMarc Cuvât, docteur en philosophie, pour les noces de noble Ga-maliel de Tavel, seigneur de Vullierens et Lussy, avec une demoi-selle de Salis, en 1672, l'Hymen sexprime ainsi :

Epoux qui en toute liesseVas des amours de ta maîtresseRecueillir les doux fruits;

Qui des douceurs de lhyménéeA séréné cette journéeEt las privé d'ennuis !

Je ne te donne pour estreineLes cailloux brillants quon amèneDu rivage indien,

Moins encor larène blondeQui fait jaunir le fond de l'ondeDu fleuve Lydien.

Un plus beau don je te présente,

Qui rendra ton âme contente,

T'égalant presque aux dieux;

Cest la vertu incomparable,

La chasteté inviolable

De ta nymphe aux beaux yeux.

Son port grave et doux tout ensembleA quelque immortelle ressemble,

Descendue ici-bas;

Non à lamoureuse déesse,

Mais à celle qui, chasseresse,

Prend aux bois ses ébats....