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se donnaient volontiers des noms de bergers et de ber-gères. On en était encore à YAstrée de Durfé 1 .
Il est important d’observer, en terminant ce qui con-cerne cette période, qu’il s’opéra dans la société poliede plusieurs villes de la Suisse romane un changementcapital vers 1720. Les réfugiés français et italiens, sur-tout ceux de Genève, avaient habilement spéculé surles effets publics dans les diverses phases qu’eut le sys-tème financier de Law. De grandes fortunes se firentalors avec une rapidité merveilleuse. Les Suisses alle-mands, surtout ceux de Saint-Gall, ne furent pas moinsheureux. Des fabricants de toiles peintes réalisèrentdes fortunes princières. Avec une prudence qui faisaithonneur à leur sagacité, les nouveaux enrichis s’em-pressèrent de réaliser une partie de leurs gains pourles convertir en quelque chose de plus solide que desbillets du système. Ils achetèrent alors les terres sei-gneuriales qui, dans le canton de Yaud, passaient demain en main avec une grande mobilité depuis la con-quête bernoise. La noblesse vaudoise était trop pauvrepour garder ces grands domaines. Elle abandonnaitl’un après l’autre ces vieux manoirs de ses pères, et seretirait dans les petites villes des bords du Léman, où
1. Dans un de ces romans, intitulé Histoire d’ismène et de Cori-sante, Nouvelle suisse (1707), les lieux où se passe l'action sont Lato-brigie (Lausanne) et Ebrodinie (Yverdon). Les personnages sont:Ismène (M m0 de Vallefort l’aînée); Corisante (M. Seigneux, châte-lain de chapitre); Sinibald (M. l'assesseur Seigneux); Eugénie( jjme Doxat); Elise (M llB Guerite Doxat); Corilas (M. Doxat de De-moret); Agénor (M. le bailli Steiguer); Eriphile (Sl IIe Steiguer);lphite (M. George Roguin) ; Délie (M lle Roguin), etc. etc.