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total, si on relit l’ensemble de la législation en matièred’instruction publique, d’économie politique, de com-merce, de paupérisme, on reste convaincu que, il y acent ans, la Suisse française était singulièrement plusprès du moyen-âge que de l’époque révolutionnaire quis’avançait, et que nul n’entrevoyait encore.
Mais à dater de l’époque où nous sommes arrivés,les faits vont s’accumuler, les noms se multiplier, leslivres s’entasser avec une telle rapidité et une telleabondance, qu’il devient nécessaire de classer le toutdans diverses catégories, afin de ne pas se perdre dansla confusion des détails. Comme il ne s’agit ici ni denomenclatures à faire, ni de bibliographies spécialesà dresser, ni d’anecdotes littéraires à recueillir, attenduque d’excellents auteurs, comme Haller et Senebier,ont dès longtemps donné les premières au public, etque les dernières courent partout, nous nous attache-rons essentiellement aux traits généraux. Nous tâche-rons d’aller à la veine des choses, et nous exposerons,dans une série de chapitres, en suivant aussi stricte-ment que possible l’ordre chronologique, les grandsfaits littéraires qui se sont produits dans la Suissefrançaise, ceux qui dominent tous les autres, et quiles embrassent et les comprennent par conséquent.