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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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style à la profondeur, satisfaire à la fois lesprit et lo-reille. Il tenait à placer en tête de son livre une Invo-cation aux Muses, que Yernel trouvait charmante, maisquil jugeait déplacée dans un ouvrage de ce genre.Montesquieu consentit, non sans peine, à la supprimer.Il y avait un chapitre sur les lettres de cachet et sur lesprisons dEtat, auquel Vernet tenait beaucoup ; maisle prudent auteur insista à son tour pour la suppres-sion, disant que ni les ministres du roi de France, niles princes nétaient prêts à entendre les grandes vé-rités quil y avait à dire sur cette matière.

Cette participation indirecte du professeur genevoisà la publication de YEsprit des lois, a donné lieu à uneopinion qui commence à se manifester, surtout enItalie, et qui tend à insinuer quil aurait été le colla-borateur réel de Montesquieu, et que le fond des idéesmises en commun par les deux auteurs aurait été em-prunté aux philosophes italiens, à ceux de Naples enparticulier. Ainsi, Y Esprit des lois serait doriginequasi-italienne.

Cest procéder avec une singulière préoccupation.Sans doute, le pays de Vico, deGiannone, deGaliani, deFilangieri, possède toutes sortes de droits à lestime dumonde philosophique; mais il est absurde de prétendreque Y Esprit des lois en soit sorti. Il en est de même dela supposition que Jacob Yernet aurait été pour quelquechose dans la composition du livre. Ce professeur a laisséplusieurs écrits, dont nous aurons occasion de parler.Quon lise deux pages seulement de lun ou de lautre