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de ces ouvrages, et l’on restera convaincu que Mon-tesquieu n’a été aidé que par son génie '.
L’apparition de Y Esprit des lois à Genève, con-centra dans cette ville une partie de la polémique à la-quelle ce livre fameux donna naissance, et ne contribuapas peu à aiguiser et à exercer les esprits aux lutteslittéraires. Elle eut encore un plus important effet. Onsait que Montesquieu, posant les principes des diversgouvernements, assigne la vertu comme celui du gou-vernement républicain démocratique, Y honneur commecelui de la monarchie, et la crainte comme celui dudespotisme. Cette classification fut vivement applaudiepar les hommes qui étaient à la tête des républiquessuisses, lesquelles n’avaient souvent de démocratiqueque le nom. Au fond, ces républiques étaient des aristo-craties de famille, appuyées sur une organisation théo-cratique, catholique ou réformée, selon les cantons.Dans plusieurs Etats protestants, à Berne et à Genèveentre autres, depuis que l’édifice calviniste avait étéébranlé dans son côté politique, on n’était pas sansinquiétude sur l’avenir. Les aristocraties de fait, encoreassez bien assises, avaient été néanmoins fortementmenacées par des tentatives récentes. Nul ne songeait
1. Les manuscrits laissés par Jacob Vernet subsistent encore. Ilssont déposés dans la bibliothèque de M. Lullin-de Châteauvieux.On a voulu récemment y faire des recherches de papiers relatifs àMontesquieu, mais on n’a rien trouvé. Il n’en pouvait être autre-ment, car Vernet avait souvent répété qu’en renvoyant les ma-nuscrits originaux, comme un dépositaire fidèle, il ne s’était rienréservé.
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