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se forment des lois qui conservent l’égalité autant qu’ilest possible. C’est une société où des convives d’unappétit égal mangent à la même table, jusqu’à ce qu’ilvienne un homme vorace et vigoureux qui prenne toutpour lui, et leur laisse les miettes. »
CHAPITRE II.
VOLTAIRE A GENÈVE.
C’est encore à Jacob Vernet qu’il faut remonterpour trouver les premiers rapports de Voltaire avecGenève et la Suisse française. Il l’avait vu à Paris, alorsqu’il n’était guère connu que comme un poète brillant.En 1733, nous les trouvons en correspondance réglée.Vernet travaillait avec une Commission à une versionde l’Ancien Testament, et il voulut avoir l’avis de Vol-taire sur l’emploi du Toi et du Vous en parlant à Dieu.« Je crois, lui répondit Voltaire, que quand on s’a-dresse à Dieu, le tu a d’autant plus de force qu’il s’é-loigne du vous ; car le tu est le langage de la vérité, etle vous le langage du compliment. » Laissant cette ma-tière, il questionne le professeur genevois sur les li-