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à chercher un remède dans une application plus largeet plus vraie de la souveraineté du peuple. On voulaitcontinuer à vivre sur l’ancien pied, en louvoyant. Lavertu, posée ainsi comme principe de la république,était à la fois la base la plus honorable et la plus com-mode. Ce n’est pas qu’on voulût l’imposer aux citoyenscomme fondement du droit public ; c’était quelquechose de trop abstrait. On savait que les passions ré-gnent dans la république comme ailleurs ; mais onvoulait démontrer que dans la forme républicaine ilfallait qu’il y eût un plus grand nombre de citoyensqui fussent vertueux, pour maintenir la constitution etles lois. Dans les plus violents orages, les hommes vé-ritablement vertueux sont respectés de tous ; ce sontdes instruments de conciliation et des exemples vi-vants. Dans ce sens, la vertu est l’âme des républiques.Envisagé ainsi, le principe posé par Montesquieu devaittendre à faire prendre en bonne part le sens du motaristocratie; ce mot ne signifiait plus, comme chez lesGrecs, que le gouvernement des meilleurs. Chercherplus loin ou ailleurs les fondements de l’état républi-cain, c’était s’exposer à errer et à faire fausse route.
Voltaire, qui, on le sait, ne vit pas sans une certainejalousie l’effet produit par Y Esprit des lois, combattitvivement cette doctrine. « Une république, dit-il, n’estpoint fondée sur la vertu. Elle l’est sur l’ambition dechaque citoyen, qui contient l’ambition des autres ;sur l’orgueil, qui réprime l’orgueil ; sur le désir dedominer, qui ne souffre pas qu’un autre domine. Delà