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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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à chercher un remède dans une application plus largeet plus vraie de la souveraineté du peuple. On voulaitcontinuer à vivre sur lancien pied, en louvoyant. Lavertu, posée ainsi comme principe de la république,était à la fois la base la plus honorable et la plus com-mode. Ce nest pas quon voulût limposer aux citoyenscomme fondement du droit public ; cétait quelquechose de trop abstrait. On savait que les passions ré-gnent dans la république comme ailleurs ; mais onvoulait démontrer que dans la forme républicaine ilfallait quil y eût un plus grand nombre de citoyensqui fussent vertueux, pour maintenir la constitution etles lois. Dans les plus violents orages, les hommes vé-ritablement vertueux sont respectés de tous ; ce sontdes instruments de conciliation et des exemples vi-vants. Dans ce sens, la vertu est lâme des républiques.Envisagé ainsi, le principe posé par Montesquieu devaittendre à faire prendre en bonne part le sens du motaristocratie; ce mot ne signifiait plus, comme chez lesGrecs, que le gouvernement des meilleurs. Chercherplus loin ou ailleurs les fondements de létat républi-cain, cétait sexposer à errer et à faire fausse route.

Voltaire, qui, on le sait, ne vit pas sans une certainejalousie leffet produit par Y Esprit des lois, combattitvivement cette doctrine. « Une république, dit-il, nestpoint fondée sur la vertu. Elle lest sur lambition dechaque citoyen, qui contient lambition des autres ;sur lorgueil, qui réprime lorgueil ; sur le désir dedominer, qui ne souffre pas quun autre domine. Delà