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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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si vil par leur usage, nous laissera de longs et cruelssouvenirs de son séjour parmi nous ! La ruine desmœurs, la perte de la liberté qui en est la suite inévi-table, seront chez nos neveux les monuments de sagloire et de sa reconnaissance ! »

Mais laccord entre notre philosophe et le clergé et legouvernement de Genève ne durera pas longtemps.Déjà, dans laffaire du spectacle, on lavait accueillicomme un auxiliaire un peu étrange et embarrassant,à cause des ouvrages dramatiques dont il était lui-mêmeauteur. Quant parut Y Emile dabord, puis le Contratsocial, la rupture éclata, et Genève ne sévit pas moinsque Paris contre ces ouvrages. Yernet écrivit que laProfession de foi du vicaire savoyard était empruntéeaux lettres de M lle Huber de Lyon, sur la religion es-sentielle à lhomme, distinguée de ce qui nen est quelaccessoire. Il accusa Rousseau davoir un secret projetde république qui embrassait à la fois un système po-litique et un plan de religion civile. Il voulait, disait-il, substituer au christianisme, qui était trop abstraitpour devenir la base dune religion nationale, une autrereligion, artificielle, sorte de milieu entre le christia-nisme et le déisme *.

1. Quand parut le célèbre discours de J.-J. Rousseau sur la ques-tion proposée par lAcadémie de Dijon, si le rétablissement dessciences et des arts a contribué à épurer les mœurs, Jacob Vernet leréfuta en latin. Cela prouve que léloquence française nétait pasencore en grand honneur à Genève. La réfutation parut dans leMuséum Helveticum, partie 23 e , année 1752, sous ce titre : Oratioacademica habita Généra an no 1751, adversus libellum Gallicum