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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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Comme lédifice politique ne reposait à Genève quesur la parfaite entente du pouvoir civil et du pouvoirreligieux, entente qui était le résultat dune sorte decompromis formant, à vrai dire, la seule base du droitpublic, on comprend que les nouvelles doctrines deRousseau durent exciter de vives alarmes. A lexem-ple du parlement de Paris, et seulement neuf joursaprès (le 19 mai 1762), le gouvernement, de Genèvefit lacérer par la main du bourreau YEmile et le Contt'alsocial. Cette sentence excita dans une partie de labourgeoisie genevoise, enthousiaste de Rousseau, unmécontentement dautant plus légitime quen mêmetemps les œuvres de Voltaire, bien autrement hardies,simprimaient à Genève, chez des magistrats genevois,intéressés dans des spéculations de librairie et hôteshabituels de Ferney. Les partisans de Rousseau mon-trèrent une grande constance dans leurs réclamations,et cette affaire fut réellement le nœud de toutes lesquestions politiques, philosophiques et littéraires quise débattirent alors dans la Suisse française.

Au fond, quavait fait Rousseau dans ses écrits incri-minés? Il navait fait que suivre et développer lidéedu protestantisme, idée que le parti du pouvoir auraitvoulu immobiliser, moins à son profit peut-être quàcelui dun peuple quil croyait fait pour rester sous tu-telle. Le système religieux de Calvin, qui repose sur

quo elegantissimus scriptor confondit per artes et scientias ante duasecula restauratas, mores hominum non fuisse perpolitos sed corruptospotius. »

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