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nnlly ; Chais, recommandable par ses travaux sur lacritique sacrée, qui attestent une vaste érudition ; JacobVernes, auteur d’une sorte de Revue qu’il appelait Choixlittéraire', dont J.-J. Rousseau parle assez souvent danssa correspondance ; Roustan, qui fut pasteur à Londres,où il publia une Histoire universelle, réimprimée dès-lors ; Mouchon, qui rédigea les Tables de l Encyclo-pédie, et dont les sermons se lisent toujours avec édi-fication; Moultou enfin, qui se retira de la carrièrethéologique par des scrupules qui font honneur à saconscience 2 . Tous ces derniers furent amis de J.-J. Rous-seau; plusieurs écrivirent contre lui ou plutôt contreses doctrines, car ils parlèrent de sa personne avec con-venance et équité, sauf dans quelques cas particuliers.
Nous pourrions placer aussi Firmin Abauzit dans laliste des théologiens, car dans la science des chosessacrées, il ne le cédait à aucun autre ; mais nous préfé-ronsle nommer en tête des mathématiciens philosophes,avec Le Sage, l’auteur des recherches sur la pesanteur,
1. Le Choix littéraire, en 24 parties in-8°, est une compilation demorceaux empruntés essentiellement aux auteurs français contem-porains, mais où l’on trouve cependant quelques articles originaux.J.-J. Rousseau devait en être le collaborateur.
2. Moultou écrivait à Reverdil, de Nyoïi, auteur de Lettres sur leUanemarck, et alors à Copenhague, où il était chargé de l’éducationdu prince royal :
« Il est bien douteux que je puisse vous rendre l'honneur quevous m’avez fait en parlant de moi. Mon ouvrage est plus délicatque le vôtre, et il est plus dangereux de parler des antiquités ecclé-siastiques que du despotisme du Danemarck, surtout quand onveut dire toute la vérité, et que cette vérité est opposée aux pré-jugés persécuteurs. Voltaire fait des livres terribles, où il ne con-