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L’opuscule le plus littéraire peut-être, ou du moinsle plus original dans sa forme, que nous rencontronsà ce moment-là, c’est le traité des Principes delà pein-ture, par le célèbre peintre de pastel Liotard. Il y parlede son art avec esprit, avec feu et avec jugement. 11crée un mot assez heureux, celui d ’ignorart, pour dé-signer d’une manière plus polie que par l’épithèted’ignorant celui qui veut juger des beaux-arts sansles avoir pratiqués.
Un autre homme intéressant par son universalité etson aptitude, c’est Senebier, bibliothécaire de la villede Genève. Il écrit à la fois sur la physique, sur l’his-toire naturelle, sur la philosophie, sur la bibliographie.Il dresse, avec l’aide des excellents matériaux laisséspar Baulacre, un catalogue des précieux manuscritsde la Bibliothèque de Genève, qui est un modèle de cegenre de travail, d’érudition et de patience. Il écrit l’his-toire littéraire de sa patrie, sinon d’une manière com-plète, du moins avec une certaine exactitude relative.
ou de quelque revue passée par le Magnifique Conseil. On continuetoujours à faire des chansons de l’Escalade. La réconciliation quisuivit la transaction de 1708 entre les Négatifs et les Représen-tants donna aussi naissance à bien des couplets de circonstance,dont plusieurs assez satiriques.
En 1761, un citoyen genevois, Jean-Louis Mollet, fit imprimer etdédia à Jean-Jacques Rousseau le récit d’une fête militaire donnéeà Genève, dans laquelle plus de deux cents soldats, dans un éland’enthousiasme, allèrent danser autour de la fontaine de St.-Ger-vais, immortalisée par le récit d’une fête de ce genre tracé dansla Lettre à d’Alembert sur les spectacles (1757).
Jean-Jacques Rousseau remercia le citoyen J.-L. Mollet dansune lettre très-patriotique, datée de Montmorency le 26 juin 1761.