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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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valeur, et dont les histoires de Dauernarck, de Hesse,de Brunswick, sont toujours estimées; Béranger, quiconsuma une partie du temps quil aurait pu mettre àson Histoire de Genève, dans les disputes polémiquesdes Représentants et des Négatifs ; Mallet-Du Pan, da-bord professeur de belles-lettres à Cassel, puis collabo-rateur de Linguet et rédacteur de la partie politique duMercure, au commencement de la révolution française.Le célèbre Necker vit son Eloge de Colbert couronné parlAcadémie française. Le général Samuel Constant, pèrede Benjamin, écrivit plusieurs romans en forme delettres, comme : Camille ou lettres de deux filles de cesiècle, et Laure ou lettres de quelques personnes deSuisse. Il serait facile de prolonger cette liste; mais, en-core une fois, à quoi serviraient des nomenclatures? Nevaut-il pas mieux sattacher au fond des idées? Ce quirésulte de lexamen des richesses intellectuelles de Ge-nève à l'époque nous sommes, cest que les lettressont encore dans un état dinfériorité désespérante vis-à-vis des sciences et des arts, en exceptant, cela va sansdire, le grand nom de Rousseau. Si nous lisons le pro-gramme de la Société des Arts de Genève pour 1777,nous voyons que de nombreux prix sont proposés surtoutes sortes de questions relatives aux arts, à lindus-trie, à la mécanique. On chercherait en vain à la mêmeépoque quelque signe dun encouragement anx lettres,un seul vers indigène de quelque valeur*.

1. Presque toute la poésie semble sêtre réfugiée dans des chan-sons de circonstance à l'occasion de la fête des rois de l'arquebuse