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Crousaz, à présent de Montolieu, est une eharmantefemme ; il y a eu du danger pour moi 1 .»
Necker passa avec sa famille l’été del784, dans unemaison de campagne voisine de Lausanne. C’est là qu’ilcomposa son traité de l’Administration des finances.M me de Staël écrivit aussi alors son Essai sur le carac-tère et les ouvrages de J.-J. Rousseau. Quand la tour-nure des affaires fut devenue telle, que Necker se vitréduit à quitter la France, il se retira dans son châteauet baronnie de Coppet, d’où il ne sortit plus guère jus-qu’à sa mort.
Le chevalier de Boufflers, qui passa alors à Lausannecomme tant d’autres, s’étonnait de l’originalité quis’était conservée dans un monde aussi cultivé. Il n’étaitpas jusqu’aux religions et aux littératures de l’Asie quin’y eussent leur représentant. Antoine de Poliez, nédans cette ville en 1741, colonel dans l’Inde anglaisesous Clive et sous Hastings, était revenu se fixer danssa ville natale, avec une ample moisson de manuscritset de notes. Il avait écrit, sous la dictée d’un panditSheik, le précis des principaux livres sacrés des Indous,et ses notes avaient toute la valeur d’une source origi-nale 2 .
1. Lettres à lord Sheflield, octobre 1784 et janvier 1787. — SurM me de Montolieu et Caroline de Lichtfield, voyez plus loin, cha-pitre XIII.
2. Elles ont été rédigées et publiées à Rudolstat par la chanoi-nesse de Poliez. 2 vol. in-8°.