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CHAPITRE IX.
NEUCHATEL. — M me DE CHARR1ÈRE. — M me DE STAËL. —BENJAMIN CONSTANT.
11 est temps de quitter les rives du Léman, pour noustransporter aux bords d’un autre lac, plus sombre, sousun ciel plus couvert, dans une contrée moins splendide,quoiqu’elle ait bien son charme particulier. La princi-pauté de Neuchâtel, alliée des cantons suisses et toutparticulièrement de Berne, avait eu comme Genève,vers le milieu du siècle, ses orages politiques, sa tem-pête religieuse et ses querelles littéraires. Son paisibleMercure, qui, depuis la mort de ses fondateurs, deBourguet surtout, ne faisait plus que végéter, avait dûcéder la place à une polémique serrée de brochures par-fois très-vives 1 . Une question très-délicate, celle de la
1. Le Mercure Suisse était singulièrement tombé, dans la périodede 1750 à 1775, Tous les bons articles sur l'histoire, les antiquitéset la littérature nationale, avaient disparu. A leur place, les édi-teurs inséraient une masse d’articles insipides. On aura une idéedu recueil par la nomenclature de quelques-uns : Discours surcette sentence de Salomon : Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. —Vers sur l’entrée de M. Saladin dans le Petit Conseil de Genève. —Vers tendres d’un jeune capucin à une demoiselle. — Histoire an-glaise, ou manière de corriger une femme méchante.— Chansons.— Enigmes. — Lettre sur les couches de l’infante de Parme. —Histoire du marquis d’Argens et de M llc Cochois. —Les Fleurs d'o-