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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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vous-mêmes portés à le laisser jouir librement de laprotection des lois dans lasile quil sest choisi, etnotre volonté est quil ne soit en rien inquiété. »

Nonobstant cette déclaration, les démonstrationscontre Jean-Jacques allèrent leur train. On sait commentelles aboutirent à ces scènes de lapidation à Motiers-Travers, qui sont encore aujourdhui peu expliquées.Le clergé revint à la charge auprès du roi, invoquantles droits que lui donnaient les lois de lEtat pour larépression des scandales en matière religieuse. Cestalors que Frédéric, sous la date du 26 février 1766,écrivit à son Conseil dEtat à Neuchâtel, pour manifes-ter « tout son mécontentement des procédés inquiets,turbulents, tendant à la sédition, que les pasteursavaient tenus relativement au sieur Rousseau, que SaMajesté daignait honorer de sa protection. »

Le roi de Prusse ajoutait cette apostille de sa propremain, à ladresse du clergé :

« Vous ne méritez pas que lon vous protège, à moinsque vous ne mettiez autant de douceur évangéliquedans votre conduite, quil y règne desprit de vertige,dinquiétude et de sédition.

» (Signé) Frédéric. »

Quand Rousseau eut perdu la protection de milordMaréchal, par leffet de léloignement de cet hommegénéreux, il trouva un appui non moins dévoué dansM. du Peyrou, qui écrivit en sa faveur trois lettrestrès-vives et très-serrées en réponse aux factmns du