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ministre de Montmollin 1 . Du Peyrou, fils d’un com-mandant de Surinam, bourgeois de Neuchâtel, étaitfixé depuis peu de temps dans cette ville, où il avait faitconstruire un hôtel magnifique dans le faubourg. Sagrande fortune, l’élévation de son caractère, ses goûtslittéraires, le faisaient visiter et rechercher de tous lesétrangers. Il devint à Neuchâtel le centre du mouve-ment intellectuel ; sa complète indépendance, de hautesrelations, le mettaient à même d’être utile à ses amis. Ilfut pour Rousseau un protecteur constant, et, malgréquelques nuages, il ne se brouilla jamais avec lui. Lephilosophe genevois le fit même dépositaire de ses pa-piers et de ses correspondances, dans un moment oùil ne se fiait plus à personne, et c’est par du Peyrouque ces précieux autographes ont été déposés dans laBibliothèque de Neuchâtel. C'est lui qui fut chargé depublier la seconde partie des Confessions , mission quilui valut bien des ennuis, mais dont il s’acquitta avecun zèle que rien ne put rebuter 2 .
Le nom de M. du Peyrou nous conduit tout droit àcelui de son amie, M me de Charrière, qui vint se fixerdans le pays de Neuchâtel, presque en même tempsque lui.
1. Lettres relatives à J.-J. Rousseau, adressées à milord comtede Wemrays, pair d’Ecosse, etc. 1765, in-8°.
Le comte de Wemmis était un seigneur jacobite, ancien coloneldes gardes du prétendant Charles-Edouard Stuart, qui vivait à laPrise, près de Neuchâtel. Il était ami de milord Maréchal.
2. Voyez Eclaircissements relatifs à la publication des Confessionsde Rousseau, par M 1 " 0 de Charrière et M. du Peyrou.