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Sévery, comme vous me raconterez à votre retourd’Italie le pape et les cardinaux. J’ai été très-fêtée; j’aisoupé partout. »
C’est en traçant pour ses amis, pour un frère qu’elleaimait beaucoup, ces esquisses de la vie de Colombier etde Lausanne, et ces portraits des personnes qui l’en-touraient, que M"‘ e de Charrière imagina de donner uncorps à ses idées et de les publier sous la forme de ro-mans épistolaires. Telle fut l’origine des Lettres écritesde Lausanne et des Lettres Neuchâteloises, ces deuxpetits chefs-d’œuvre qui ont pris aujourd’hui une placedistinguée dans la littérature française du dernier siècle.Qui n’a lu ces charmants ouvrages, auxquels la cri-tique moderne est venue donner un lustre nouveau?Ilserait parfaitement inutile d’en faire connaître le plan,la conception, la morale. Toute personne un peu lettréea ces livres présents à l’esprit.
Déjà en Hollande, nous l’avons dit, M me de Charrières’était essayée dans le roman, l.e Noble, conte ou his-toire de mœurs, publié en 1763, réimprimé en 1770,avait été recueilli dans une bibliothèque de contes choi-sis. Les Lettres de Lausanne parurent en 1783, sous larubrique de Toulouse. Il n’y avait d’abord qu’une pre-mière partie, et la seconde, l’histoire de Calisle, ne futpubliée que dans une seconde édition, en 1788. LesLettres Neuchâteloises parurent en 1784. « Grand orageau bord du lac, et surtout dans les petits bassins d’eauà côté », dit M. Sainte-Beuve. M me de Charrière nous araconté elle-même la rumeur, nous dirons mêmele scan-