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désennuyer, pour tuer le temps, pour se dégonfler.Cela ne fait dans le fond de tort à personne ; et si onla critique, patience; on a bien critiqué M. de Vol-taire, M. Rousseau et M œe M*’*.
» Lausanne, le 23 juin 1785. »
Si M™ de Charrière eut ses détracteurs, elle eut aussises apologistes. Ainsi, il parut une Lettre d'un étrangerà une dame de Lausanne sur quelques nouveautés litté-raires du pays (1785). « Comment? dit l’auteur, c’està moi, à un étranger qu’on s’adresse pour voir appréciésces jolis romans, ces brochures, ces feuilles volantes,fruits d’un heureux loisir, qui, depuis peu, figurent surl’horizon littéraire de votre charmant pays ! Savez-vousbien à quoi votre demande m’expose? Arien moins qu’àme faire risquer le repos dont je jouis, l’accueil qu’on abien voulu m’accorder, et cette confiance dont vousm’honorez la première. Bien loin de trouver à redireaux amusements innocents qu’on offre à vos momentsperdus, je pense, au contraire, qu’on n’est pas assez re-connaissant des efforts de ceux qui s’évertuent à tournervotre imagination vers des objets relatifs aux besoins devotre propre sol. Les lettres de Neuchâtel et de Lau-sanne vous présentent des ménages tels qu’il en faudraità vos villes ; et parce qu’on y fait agir des personnagesde tout état et de tout rang, ces productions cesseraientd’avoir du mérite? N’êtes-vous donc pas assez fatiguésdu futile clinquant des mœurs étrangères, qui, esclavesd’un luxe oppressif, devraient pour toujours être lesantipodes des vôtres ? Le fier insulaire dédaigne la pièce