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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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le héros nest pas anglais. LAllemand, quoique pluscosmopolite, revient à ses propres foyers, et plus duneproduction il peint ses mœurs, intéresse les nationséloignées (Werther). Si lItalien ne peint pas les mœursde son pays, cest quil nose y toucher. Et lheureuxSuisse, ingénu et indépendant, balancerait à choisir lesmœurs de sa patrie, lorsquil se sent assez de couragepour travailler sur lhistoire de la vie sociale? Le piedde vos Alpes, les bords de vos lacs ne fourniraient-ilspas à ses tableaux le fond le plus riant, le cadre le plusmagnifique? La liberté civile et politique dont vousjouissez, sans savoir peut-être lestimer assez, ne doit-elle pas répandre sur la peinture de vos mœurs un joursi doux, si bienfaisant, que tout voyageur ne saurait serefuser au souhait den jouir à son tour? Quelle re-connaissance ne doit-on pas à lécrivain patriotiquedont le pinceau hardi se trouverait encore assez vraipour présenter le miroir de nos propres faiblesses?Serait-il vrai quon a vu avec peine les classes ditesinférieures partager le théâtre que lauteur des ouvra-ges en question vient de nous ouvrir? Un domes-tique attaché à ses maîtres, une ouvrière industrieuse,un honnête laboureur, seraient devenus des objets dé-goûtants pour lhabitant dun pays qui doit être lasilede la vertu et le centre de la simplicité? Le ton de labonne compagnie excluerait-il la connaissance de celuide tout autre état? Point de dénomination plus im-propre que celle de classes inférieures. On a poussélimpéritie jusquà les appeler basses. Dans le cercle