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tions et de ses conseils. Nous citerons, parmi ses amis,M. de Chambrier, ministre de Prusse à Turin, et plustard gouverneur de Neuchâtel; M. de Sandoz-Rollin,conseiller d’Etat, auteur de l’Essai statistique sur lecanton de Neuchâtel 1 ; M. César d’Ivernois, maire deColombier, auteur de poésies spirituelles et faciles,entre autres d’une Epître au professeur Willemin surles jeux de société. Les habitudes, les tics, les travers dela bonne compagnie de Neuchâtel sont décrits dans cepetit poëme avec une gaîté et une vérité remarquables :
Déjà novembre a prolongé les nuits;
Chaumont 2 blanchit, et l’hiver nous assiège;
Bientôt nos ceps, dépouillés de leurs fruits,
Vont se courber sous des amas de neigé.
Sortant enfin de son obscur cellier,
De vendangeur devenu petit-maître,
Chacun de nous au grand jour va paraître.
De six à neuf on nous verra briller
Dans ces grands thés que nous nommons soirées;
Cercles nombreux, rassemblés par devoir,
Où se rendront cent femmes bien parées,
Pour se montrer bien plus que pour se voir... etc.
En dehors de cette influence de M me de Charrière etantérieurement à son arrivée en Suisse, Neuchâtel eut
sait en 1815 partie de la Commission chargée de la révision de laloi fondamentale des Pays-Bas. « C’était, disent les biographes, unrespectable vieillard, ayant la connaissance des affaires, extrême-ment honnête et juste, ferme quand il le fallait. » L’un de ses filsétait colonel en Russie, et sa fille avait épousé le baron Van derCappelen, bien connu dans l’histoire contemporaine des Pays-Bas.Cette nièce de M”' de Charrière vit encore à une lieue d’ütrecht.
1. Zurich, 1818. In-12, fig.
•2. Montagne du Jura, qui domine la ville de Neuchâtel.
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